La femme, souffle de vie, une toile pastel grand format.
Diplômé de la faculté des Beaux-Arts de Damas, l'artiste syrien a poursuivi ses études à Paris où il y a vécu une vingtaine d'années. De retour dans son pays natal, il occupera un poste d'enseignant pour se consacrer par la suite totalement à son art, d'abord la sculpture puis la peinture. Actuellement, faisant la navette entre la Suisse et la Syrie, il balade aussi ses rêveries entre les corps solides sculptés en bronze et l'immatériel des œuvres picturales.
Si son travail est spontané, libre et reflétant de grandes émotions et une certaine vision pacifique et harmonieuse de la vie, il accuse pourtant une certaine constante. En effet, c'est sur le même thème de la femme, universelle, symbole de fécondité, de maternité et d'amour, que Kamnakache a élaboré sa démarche picturale. La femme est aux yeux de l'artiste un lien, celle qui assure la connexion. «Cet être qui donne la pulsion et est source de tendresse», dit-il, celle qui assure la pérennité de la vie. Intemporelle, cette femme n'a pas d'âge. Elle traverse les âges. Elle évoque pour certains les modèles de Rubens. Pour d'autres, simplement les femmes de la Renaissance ou encore cette éternelle Vénus sortie des eaux. C'est parce que ses œuvres ne sont que le fruit de cette culture artistique qui s'exprime par certains symboles et signes sur le canevas.
Mounzer Kamnakache aime la vie. Esprit curieux, il interroge ses cycles et sa nature nourricière qu'il sublime dans ces formes humaines. Sur sa toile, tout est renaissance. La couleur de la chair, grâce au crayon pastel, décline en demi-teintes, diffusant une lumière brillante. Le bleu clair azuré épouse la chaleur de la couleur presque orangée. Déesses divinatoires, les femmes aux formes généreuses dessinent des volutes architecturales sur le canevas. Tout en délicatesse. L'artiste ne travaille jamais dans la noirceur, mais dans la clarté, et ses couleurs douces, jamais fortes, ses formes rondes jamais cassées ou angulaires parlent d'un monde meilleur. Rêvé ou vécu ?
Ayyam Gallery, jusqu'au 28 février. Beirut Marina. Tél. : 01/374451.


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