Cette initiative coïncide avec la très officielle « Journée de la police », un jour férié à l'occasion duquel les dirigeants multiplient depuis dimanche les éloges aux forces de l'ordre et les engagements à maintenir la stabilité. Le ministère de l'Intérieur a déclaré de son côté qu'il « ferait preuve de fermeté contre quiconque agirait de manière illégale ».
Les organisateurs comptent sur l'effet d'entraînement des événements de Tunisie, très commentés notamment par les jeunes Égyptiens ayant accès aux réseaux sociaux sur Internet. Un groupe sur Facebook, dont l'emblème mêle les drapeaux tunisien et égyptien, avait récolté hier en fin d'après-midi 87 000 signatures de personnes assurant être prêtes à manifester. L'opposant Mohammad el-Baradei, ancien haut fonctionnaire international, a exprimé de son côté sur sa page Facebook son soutien à « l'appel à manifester contre la répression » et a dénoncé « les menaces d'utiliser la force venant d'un régime qui tremble devant son peuple ». « Si les Tunisiens l'ont fait, les Égyptiens devraient y arriver », a également déclaré au magazine allemand Der Spiegel d'hier l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), interrogé sur une éventuelle contagion à l'Égypte de la « révolution de jasmin » tunisienne. Son comité de soutien a, dans un communiqué, affirmé que plusieurs de ses partisans avaient été convoqués par les services de sécurité avant ces manifestations.
Les manifestations ont reçu l'appui d'autres formations politiques, mais sur un mode relativement prudent. Les Frères musulmans, à la forte capacité de mobilisation, et le Wafd, premier parti d'opposition laïque, n'ont pas lancé d'appels formels à défiler, mais ont indiqué que leurs jeunes militants pourraient se joindre aux cortèges.


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