Dans un discours devant des officiers et des agents, le président Hosni Moubarak a remercié la police « pour avoir trouvé les responsables de l'attentat terroriste d'Alexandrie », sans donner plus de détails. M. Moubarak avait rapidement mis en cause des « mains étrangères », deux mois après des menaces contre les chrétiens d'Égypte lancées par la branche irakienne d'el-Qaëda, qui avait revendiqué l'attentat du 31 octobre contre une cathédrale de Bagdad (46 fidèles tués). Hier, il a répété ces accusations : « Le terrorisme ne fait pas partie de notre société et porte la marque de l'étranger. » « L'attentat d'Alexandrie représente une tentative pitoyable de faire revenir (le terrorisme) en Égypte (...) afin de provoquer la division entre les coptes et les musulmans », a-t-il insisté.
Selon un responsable des services de sécurité, cinq Égyptiens ont été arrêtés il y a une dizaine de jours à Alexandrie dans le cadre de l'enquête et ont déclaré lors de leurs interrogatoires que l'attaque avait été préparée « de l'extérieur ».
De son côté, l'Armée de l'islam a rapidement démenti ces informations en affirmant par la voix d'un porte-parole à Gaza n'avoir « aucune relation, de près ou de loin », avec cet attentat et en rejetant la faute sur les services de renseignements israéliens. Le Hamas, qui avait coupé les ponts avec l'Armée de l'islam en 2007, a défendu le groupe salafiste. « Nos armes sont dirigées directement vers l'ennemi sioniste, et le champ de bataille avec cet ennemi est à l'intérieur de la Palestine », a déclaré à l'AFP Fawzi Barhoum, un porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.
L'attentat d'Alexandrie a relancé les appels, particulièrement dans les pays occidentaux et au Vatican, pour un renforcement de la sécurité des chrétiens d'Orient. Mais refusant toute « pression ou ingérence dans les affaires intérieures de l'Égypte », M. Moubarak a prévenu hier « ceux qui, dans certains pays amis, appellent à la protection des coptes d'Égypte que le temps de la protection et de la tutelle étrangères (était) révolu et ne (reviendrait) pas ».

