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Liban - Éclairage

Moukhtara au cœur de toutes les pressions

Chaque jour apporte désormais son lot de surprises sur la scène libanaise. La dernière en date se résume à la position annoncée par le leader du PSP Walid Joumblatt au cours d'une conférence de presse tenue hier. Joumblatt a ainsi clairement annoncé qu'il se tient aux côtés de la Syrie et du Hezbollah au cours de cette période délicate. Pourtant au début de la semaine, des sources bien informées avaient révélé qu'il voterait, avec les députés de son bloc, en faveur du Premier ministre démissionnaire au cours des consultations parlementaires obligatoires. Que s'est-il donc passé au cours des derniers jours pour modifier cette donne ?
Selon des sources proches du PSP, Walid Joumblatt aurait été, au cours de sa dernière rencontre avec le secrétaire général du Hezbollah, relativement franc, laissant entendre qu'il ne pouvait pas donner toutes les voix de son bloc au candidat de l'opposition, expliquant qu'il est soumis à de très fortes pressions de la part de différentes parties arabes et internationales. Il s'est ensuite rendu en Syrie pour un entretien avec le président syrien Bachar el-Assad. Au cours de cette rencontre, Joumblatt n'a entendu aucune demande précise de la part de son interlocuteur avec lequel il a plutôt discuté de questions stratégiques. Il a, par la suite, qualifié l'entretien d'« excellent », estimant qu'en n'abordant pas directement avec lui le sujet des consultations parlementaires obligatoires, le président syrien lui a laissé l'entière liberté de faire son choix. Joumblatt, qui ne veut pas rompre ses liens avec le camp de Saad Hariri et qui a cru jusqu'au bout à la possibilité d'un compromis avec le Premier ministre démissionnaire, espérait s'en tirer en partageant les voix de son bloc entre les deux camps, tout en privilégiant le 14 Mars. Entre-temps, il aurait aussi été soumis à de nouvelles pressions, recevant, toujours selon ses proches, un coup de fil du vice-président américain Joe Biden ainsi que des messages clairs de la part de hauts responsables jordaniens et même des Émirats arabes unis. Tous ces indices, ainsi que la visite très remarquée de l'ambassadrice des États-Unis à Zahlé pour convaincre le député Nicolas Fattouche de ne pas voter en faveur du candidat de l'opposition, l'auraient convaincu de se ranger aux côtés de Saad Hariri, d'autant que les Syriens ne lui ont pas demandé expressément d'adopter une autre position. Il en aurait donc conclu que la Syrie n'est pas prête pour le changement de gouvernement et du rapport de forces politiques, étant elle-même soumise à de fortes pressions.
Mais en homme politique rodé, au flair infaillible, il a perçu un changement d'attitude de l'opposition à son égard. Il a tenté de contacter le secrétaire général du Hezbollah en vain. Il a aussi tenté de contacter les autorités syriennes, notamment le général Mohammad Nassif, son canal habituel. Et là aussi, il n'a reçu aucune réponse. Il a tenté de mettre le ministre Ghazi Aridi sur le coup, mais ce dernier aussi n'a pas obtenu de réponse. Il est alors entré en contact avec le président de la Chambre Nabih Berry pour savoir ce qu'il en est. Ce dernier, qui a depuis des mois défendu Joumblatt auprès de ses alliés, a aussitôt alerté le Hezbollah et il a été convenu de rétablir un contact avec Walid bey. Le chef du PSP a donc pu contacter un haut responsable du Hezbollah, lequel lui a fait part de la déception du parti. Le responsable du Hezbollah lui aurait ainsi fait remarquer que cette dernière position n'est pas en harmonie avec ses déclarations des derniers mois. Et c'est au moment où l'opposition, et la Résistance qu'il affirme appuyer, a le plus besoin de lui qu'il la lâche. Tout en lui répétant qu'il est libre de ses choix, le cadre du Hezbollah lui aurait précisé que son parti a du mal à comprendre sa position. En fait, l'opposition n'a pas caché depuis des mois que l'un des scénarios de l'après-acte d'accusation repose sur un renversement de la majorité au sein du Parlement et la formation d'un nouveau gouvernement, précisant que ce scénario n'est possible qu'avec la participation de Walid Joumblatt. Pour l'opposition, c'est même un de ses scénarios préférés, après le compromis avec Saad Hariri, qui n'était plus de mise toutefois après la remise de l'acte d'accusation par le procureur Bellemare au juge Fransen. En se ralliant au camp de Hariri dans le vote parlementaire, Joumblatt mettait en échec ce scénario « constitutionnel et démocratique » et l'opposition n'aurait plus d'autre choix que de recourir à ses autres plans, qui prévoyaient notamment l'utilisation de la rue.
Après ce contact, Joumblatt a tenté d'envoyer un émissaire en Syrie, le ministre Ghazi Aridi. Cette fois, Aridi a été reçu par le général Nassif et il a pu expliquer la position de Joumblatt et les pressions auxquelles il est soumis. La réponse a été claire : la situation est grave et bien avant tout autre, le leader du PSP a pris conscience des enjeux. Il reste libre de ses choix, mais le Hezbollah a quasiment le couteau à la gorge. Le ministre Aridi a scrupuleusement transmis le message et c'est Joumblatt qui a ensuite pris la décision qu'il jugeait la plus logique.
Il a ensuite convoqué les membres de son bloc et s'est longuement entretenu avec eux pour leur expliquer la situation et le choix qu'il a fait de se tenir aux côtés du Hezbollah et de la Syrie. Selon les sources proches du PSP, le débat était calme, certains députés ont préféré avoir un tête-à-tête avec Joumblatt, d'autres ont exposé leur opinion devant l'assistance. Certains ont même maintenu leur appui à Saad Hariri et d'autres se sont ralliés à la décision du chef du bloc.
En principe, si les consultations parlementaires se tiennent à la date prévue, les pronostics de l'opposition estiment que le vote parlementaire se fera en faveur de son candidat l'ancien Premier ministre Omar Karamé. Mais ce vote est fixé à lundi, autrement dit, il y a encore deux longues journées avant « le rendez-vous fatidique » et d'ici là, au pays des surprises, tout peut encore arriver. Des sources de l'opposition affirment ainsi que le fait pour le TSL d'annoncer hier la date de l'audience publique chargée de discuter les points de droit relatifs à l'acte d'accusation et fixée au 7 février n'est pas une coïncidence et s'inscrit dans le cadre de nouvelles pressions. Il y en aura probablement d'autres et nul ne saurait prédire lequel des deux camps parviendra à marquer un point sur l'autre dans cette lutte dont personne ne connaît l'issue.

Chaque jour apporte désormais son lot de surprises sur la scène libanaise. La dernière en date se résume à la position annoncée par le leader du PSP Walid Joumblatt au cours d'une conférence de presse tenue hier. Joumblatt a ainsi clairement annoncé qu'il se tient aux côtés de la Syrie et du Hezbollah au cours de cette période délicate. Pourtant au début de la semaine, des sources bien informées avaient révélé qu'il voterait, avec les députés de son bloc, en faveur du Premier ministre démissionnaire au cours des consultations parlementaires obligatoires. Que s'est-il donc passé au cours des derniers jours pour modifier cette donne ? Selon des sources proches du PSP, Walid Joumblatt aurait été, au cours de sa dernière rencontre avec le secrétaire général du Hezbollah, relativement franc, laissant entendre qu'il...
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