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Liban - Diplomatie

Riyad jette l’éponge, Ankara et Doha redoublent d’efforts

L'émir Saoud « a béni » la mission turco-qatarie qui s'est poursuivie hier au pas de charge et assure Hariri du soutien de l'Arabie saoudite à la stabilité du Liban.

De g. à d., Hassan Khalil, Hassan Nasrallah, Hamad ben Jassem al-Thani et Ahmet Davutoglu. Photo AFP / Hezbollah

L'Arabie saoudite a abandonné ses efforts de médiation politique au Liban, estimant par la même occasion que la situation était « dangereuse », a indiqué hier la chaîne de télévision al-Arabiya, citant le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal.
Ce dernier a expliqué que le roi Abdallah d'Arabie et le président syrien Bachar el-Assad avaient été en contact pour aider à « mettre fin à l'ensemble du problème libanais », ajoutant qu'il est devenu « clair » que ce problème « ne pouvait pas » être résolu et que Riyad a décidé de cesser ses efforts.
« Si la situation aboutit à une séparation complète et à une partition (régionale), cela signifie la fin du Liban en tant qu'État, qui est un modèle de cohabitation pacifique entre religions et ethnies », a-t-il déploré.
Ces propos, qui ont « étonné » le président de la Chambre Nabih Berry (lire en page 2) et provoqué de nombreuses réactions (lire ci-contre), ont été au cœur de l'entretien téléphonique entre le prince Saoud et le Premier ministre sortant, Saad Hariri, qui a informé son interlocuteur des derniers développements visant à l'émergence d'une quelconque solution à la crise libanaise. À son tour, le chef de la diplomatie saoudienne a assuré au n° 3 de l'État que son pays « soutient tout effort visant à garantir la stabilité au Liban ». Quant à la chaîne de télévision Akhbar al-Mostaqbal, elle a assuré, citant « des sources », que les propos de Saoud al-Fayçal « ne veulent aucunement dire que le royaume wahhabite abandonne le Liban, son peuple et son unité. L'Arabie saoudite jette l'éponge en ce qui concerne l'initiative syro-saoudienne, mais elle bénit les efforts turco-qataris, qu'elle qualifie de sérieux ».

Davutoglu-al-Thani
Justement, les deux nouveaux médiateurs, les ministres des Affaires étrangères de Turquie, Ahmet Davutoglu, et du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, ont pris contact avec leur homologue saoudien pour le mettre au parfum de leur initiative. C'est la chaîne de télévision NBN qui l'a indiqué, ajoutant qu'une information « non vérifiée circule de plus en plus, relative à une prochaine visite de l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, à Damas ».
Le binôme Davutoglu-al-Thani a également tenu à rassurer Nabih Berry, selon les sources proches du président de la Chambre lui-même, sur le fait qu'ils n'ont entamé leur déplacement à Beyrouth « qu'après avoir pris contact avec l'Arabie saoudite et obtenu son aval ».
Il convient de noter que la mission turco-qatarie, que beaucoup qualifient de celle de « la dernière chance » malgré le coup d'éclat saoudien et qui se déroule désormais (très) loin des caméras, n'entend pas présenter une nouvelle initiative, mais qu'elle se base sur ce qui a pu être obtenu des concertations syro-saoudiennes afin d'aboutir idéalement à « un accord qui satisferait tout le monde ». Ahmet Davutoglu et Hamad ben Jassem al-Thani ont ainsi, assure la chaîne de télévision MTV, multiplié leurs rencontres avec des hauts cadres du Hezbollah au lendemain de leur entretien avec le secrétaire général du parti de Dieu Hassan Nasrallah qui, selon la chaîne de télévision al-Manar, leur aurait annoncé que le camp du 8 Mars a, « depuis la transmission de l'acte d'accusation » par Daniel Bellemare à Daniel Fransen, « une nouvelle approche » des choses. Et toujours selon le média du Hezbollah, Hassan Nasrallah aurait « promis » à ses deux interlocuteurs « d'étudier les idées » turco-qataries avant que l'opposition ne prenne les décisions « adéquates, à l'aune de son évaluation de l'intérêt de la nation ».
Notons également que le ministre turc (censé, selon l'AFP, avoir regagné Ankara dans la soirée) et son homologue qatari auraient prévu une nouvelle rencontre avec Saad Hariri, ainsi qu'un entretien avec le chef du PSP, Walid Joumblatt.

L'Arabie saoudite a abandonné ses efforts de médiation politique au Liban, estimant par la même occasion que la situation était « dangereuse », a indiqué hier la chaîne de télévision al-Arabiya, citant le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal.Ce dernier a expliqué que le roi Abdallah d'Arabie et le président syrien Bachar el-Assad avaient été en contact pour aider à « mettre fin à l'ensemble du problème libanais », ajoutant qu'il est devenu « clair » que ce problème « ne pouvait pas » être résolu et que Riyad a décidé de cesser ses efforts. « Si la situation aboutit à une séparation complète et à une partition (régionale), cela signifie la fin du Liban en tant qu'État, qui est un modèle de cohabitation pacifique entre religions et ethnies », a-t-il déploré. Ces...
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