Ce scrutin est le point-clé de l'accord de paix global ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, musulman et en grande partie arabe, et le Sud, afro-chrétien, un conflit ayant fait plus de deux millions de morts, Nordistes et Sudistes confondus.
Les antennes locales de la commission référendaire du Sud-Soudan ont commencé hier à publier leurs résultats préliminaires. L'option en faveur de l'indépendance du Sud-Soudan avait réuni 2 198 422 voix en milieu de journée hier, dépassant le seuil des 1,9 million de voix. Ces données ne comprennent pas les résultats de l'État sudiste de Jonglei, fief du défunt leader historique de la rébellion sudiste John Garang, et le plus peuplé du Sud-Soudan. Elles créditent l'indépendance d'environ 99 % des voix, avec des pointes de 99,9 % dans l'État de Lakes, bastion de la rébellion sudiste pendant la guerre civile Nord-Sud, à l'origine de deux millions de morts entre 1983 et 2005. « C'est un moment historique ! » s'est exclamé Timon Wani, président du bureau de la commission référendaire de la capitale sudiste, sous les applaudissements nourris de la population, en annonçant un score à Juba de 97,5 % en faveur de la sécession du Sud-Soudan.
Les sondages indiquaient une victoire de l'option sécessionniste au référendum du Sud-Soudan, mais il est encore trop tôt pour crier victoire, avait affirmé mardi le ministre sudiste de l'Information Barnaba Marial Benjamin. Plusieurs responsables sudistes avaient déjà indiqué qu'ils souhaitaient avoir les résultats définitifs du scrutin, prévus début février, avant de célébrer la victoire.
Le référendum est « crédible » et respecte « les normes internationales » en matière de démocratie, ont jugé cette semaine les observateurs de l'Union européenne et de la fondation américaine Carter. Toutefois, un émissaire de l'ONU a mis en garde mardi contre les tensions dans l'enclave d'Abyei, à la lisière du Nord et du Sud-Soudan, qui risquent de jeter une ombre, selon lui, sur le référendum.
Par ailleurs, selon un rapport du Bureau de la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) diffusé mardi, le conflit au Darfour a fait au moins 2 300 morts en 2010. Les combats ont repris avec force au Darfour en novembre et décembre, l'armée et la rébellion jouant chacune leur va-tout avant le référendum au Sud-Soudan qui devrait redessiner la carte du pays et changer le rapport de force des belligérants.

