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Moyen Orient et Monde - Sommet

« La colère populaire » domine les discussions arabes de Charm el-Cheikh

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a invité hier les dirigeants des pays arabes à répondre à « la colère sans précédent » de leurs populations pour éviter des troubles comme ceux qui agitent la Tunisie.

Des milliers de manifestants tunisiens ont défilé, hier, dans les rues de Tunis, Sidi Bouzid, Regueb, Kasserine, et Thala, s’en prenant au RCD, le parti du président déchu Ben Ali. Sur cette photo, un protestataire brandissant un séchoir, en référence à l’épouse de l’ancien président, Leila Trabelsi, qui travaillait dans un salon de coiffure avant son mariage.  Zoubeir Souissi/Reuters

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a pressé hier les pays de la région à répondre à la colère et la frustration de leurs populations, à l'origine de la révolte en Tunisie, lors d'un sommet des pays arabes en Égypte. « La révolution en Tunisie n'est pas éloignée de ce que nous discutons ici », a déclaré M. Moussa devant ce sommet des 22 membres de l'organisation panarabe, consacré aux questions économiques et sociales, dans la station de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge. « L'âme arabe est brisée par la pauvreté, le chômage et le recul des indices de développement », a-t-il ajouté, en soulignant la nécessité de parvenir à des « succès réels » pour améliorer les conditions de vie. « La majorité de ces problèmes n'a pas été résolue », a-t-il dit, en affirmant que « les citoyens arabes sont dans un état de colère et de frustration sans précédent ».
Ce sommet d'une journée constituait la première réunion des chefs d'État arabes depuis le départ vendredi dernier, sous la pression populaire, du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, après 23 ans de règne. Les dirigeants se sont toutefois limités, dans une déclaration finale qui ne mentionne pas la Tunisie, à « aller de l'avant en matière de développement humain, technologique et économique ». La déclaration ajoute que « les défis auxquels la région fait face dans le domaine du développement ne sont pas moins importants que les défis politiques ». Les dirigeants arabes ont également rejeté toute « ingérence étrangère » au sujet des minorités du Moyen-Orient, après de nombreuses déclarations, en particulier occidentales ou du Vatican, en faveur des chrétiens d'Orient. Seule mesure concrète, le sommet a confirmé un engagement, pris lors du précédent sommet économique arabe en 2009 au Koweït, de créer un fonds de deux milliards de dollars pour aider les petites et moyennes entreprises et soutenir l'emploi. Ce fonds a déjà reçu 1,4 milliard de dollars.
De nombreux gouvernements arabes ont minimisé ces derniers jours les déclarations selon lesquelles la crise tunisienne pouvait se reproduire chez eux, tout en laissant parfois poindre leur inquiétude devant cette situation. « Nous suivons les efforts de nos frères en Tunisie pour se rassembler et surmonter cette phase difficile » afin de parvenir à « la paix et la sécurité », a déclaré l'émir du Koweït cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah. Plusieurs pays arabes - Algérie, Égypte, Mauritanie - ont connu ces derniers jours une série d'immolations par le feu, semblables au geste d'un jeune vendeur ambulant tunisien mi-décembre qui avait marqué le début de la révolte ayant renversé le président Ben Ali. Dans plusieurs pays, l'exemple de la révolution du Jasmin tunisienne a été repris par l'opposition, au Soudan, en Jordanie ou en Égypte notamment. Des manifestions contre la cherté de la vie ou le chômage ont également eu lieu dans plusieurs pays.
Dix chefs d'État participaient au sommet. Les autres pays sont représentés principalement par des Premiers ministres ou des ministres des Affaires étrangères. Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Kamel Morjane, qui devait représenter son pays, a quitté l'Égypte pour Tunis hier matin, avant l'ouverture du sommet. Suite à cette absence, le siège de la Tunisie devait être occupé par son ambassadeur au Caire, a-t-on indiqué à l'ambassade, sans donner la raison du départ précipité du ministre. Le président soudanais Omar el-Béchir, dont le pays est proche de la partition à la suite du référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan, a assisté à la réunion. M. Béchir fait l'objet de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour, région de l'ouest du Soudan théâtre d'une guerre civile.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a pressé hier les pays de la région à répondre à la colère et la frustration de leurs populations, à l'origine de la révolte en Tunisie, lors d'un sommet des pays arabes en Égypte. « La révolution en Tunisie n'est pas éloignée de ce que nous discutons ici », a déclaré M. Moussa devant ce sommet des 22 membres de l'organisation panarabe, consacré aux questions économiques et sociales, dans la station de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge. « L'âme arabe est brisée par la pauvreté, le chômage et le recul des indices de développement », a-t-il ajouté, en soulignant la nécessité de parvenir à des « succès réels » pour améliorer les conditions de vie. « La majorité de ces problèmes n'a pas été résolue », a-t-il dit, en affirmant que « les...
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