Le contrôle positif d'Alberto Contador, le retour de coureurs sanctionnés pour dopage, une sélection discutable des pro-teams aux termes d'un règlement opaque et l'hostilité des équipes à l'interdiction des oreillettes sont autant de sujets qui risquent de placer le sport au second plan.
Pour l'UCI, l'enjeu majeur de la saison est la mondialisation.
L'annonce de la création du Tour de Pékin labélisé World Tour, en octobre, et le développement du circuit de Mumbaï, en février, sont sans aucun doute une satisfaction.
Mais le dopage reste la première préoccupation.
L'affaire du contrôle positif au clenbutérol du meilleur coureur du monde, Alberto Contador, n'a pas été réglée et jette une mauvaise ombre sur tout le peloton. La fédération espagnole tarde à rendre son verdict et il ne faut pas oublier qu'Alejandro Valverde, en dépit de son dossier dans l'affaire Puerto, n'a jamais été suspendu par sa fédération, saisie le 29 août 2007. L'UCI a fini par boucler le dossier le 31 mai 2010 par une suspension de deux ans.
Alberto Contador devrait en théorie être sanctionné car sa faute est d'avoir été contrôlé à un produit strictement interdit pour aussi faible que soit la dose. S'il n'est pas puni, l'UCI et l'AMA se lanceront dans une procédure longue qui aura pour conséquence de faire durer le malaise.
Mauvais écho dans les oreillettes
Entre-temps, le triple vainqueur du Tour ne sera pas autorisé à courir, comme l'a déclaré le président de l'UCI, Pat McQuaid, qui a estimé que « Contador ne pourrait certainement pas disputer le prochain Tour de France ».
Alberto Contador ne portera donc pas le maillot de sa nouvelle équipe, Saxo Bank, à laquelle il a permis par l'apport de son capital de points personnels d'être sélectionnée parmi les 18 pro-teams.
Ces doutes pèsent sur l'avènement du World Tour qui remplace en 2011 le Pro-Tour et comprendra toutes les grandes épreuves du calendrier mondial. Des équipes reprochent déjà à l'UCI de les avoir empêchées de bien préparer ce changement. Elles font valoir que l'UCI n'a commencé à leur expliquer les règles de sélection qu'en juin et ne l'a réellement fait qu'à la fin de l'année.
Sur le front du dopage, le cyclisme est également embarrassé par les retours d'anciens coureurs suspendus, comme l'Italien Danilo Di Luca qui a purgé ses deux ans et revient dans le peloton au sein de l'équipe Katusha.
Alexandre Vinokourov, Ivan Basso, Ricardo Ricco et Emmanuele Sella étaient également revenus en 2010, en attendant de revoir des dossards sur les maillots de Davide Rebellin et Franco Pellizotti qui, à lui seul, remet en cause la pertinence du passeport biologique.
Alors qu'il ne parvient pas à trouver des solutions à ces sujets prioritaires, le cyclisme a trouvé une nouvelle raison de se déchirer avec l'interdiction des oreillettes dans les courses des calendriers continentaux.
Les menaces se multiplient, de boycott du côté des équipes, de sanctions financières de la part de l'UCI, de disparitions des organisateurs qui vont être pris en otage. Menaces aussi avec l'érosion des audiences de télévision, à l'exception du Tour de France, qui se sont matérialisées en 2010. La ligne de départ de la saison est tracée à Mawson Lakes, mais le peloton n'atteindra celle d'arrivée, en octobre, dans le chrono des nations, qu'au terme d'un parcours tortueux et mal fléché.

