Les volontaires ont épaulé la Défense civile pour créer un écran de protection autour de cet espace préservé.
À l'automne dernier, très précisément le 5 décembre, l'une des seules forêts dignes de ce nom qui restent autour de Beyrouth, la forêt de Baabda, a failli devenir la proie des flammes. L'incendie a commencé à Wadi Chahrour et s'est propagé jusqu'à presque atteindre les confins de cet espace vert, qui jouit d'une protection spéciale grâce aux efforts de l'association Terre-Liban. Depuis plusieurs mois, cette association a inauguré une tour de surveillance, l'une des premières du pays.
Ce sont les efforts des volontaires et cette capacité à surveiller l'endroit qui ont permis de repérer le danger du feu assez rapidement. L'intervention a été prompte. Les volontaires se sont joints à la Défense civile et ont mis à profit un équipement de lutte contre le feu ainsi qu'un véhicule 4x4 pouvant pénétrer à l'intérieur de la forêt pour combattre l'incendie qui aurait pu être bien plus dévastateur si ces mesures de prévention n'avaient pas existé.
Les efforts des volontaires et des pompiers se sont concentrés sur la manière d'empêcher les flammes d'atteindre la forêt, et ce en créant une sorte d'écran d'eau autour de cet espace. La lutte s'est poursuivie sans relâche jusqu'à 3h du matin, quand la pluie est intervenue pour mettre un terme définitif à l'incendie.
Rappelons que cette saison d'automne a été particulièrement destructrice pour les forêts libanaises de toutes les régions. La longue période de sécheresse et le retard dans l'arrivée de la pluie avaient rendu les espaces verts propices à l'embrasement. Comme chaque année, des milliers d'hectares de bois et d'arbres fruitiers ont été perdus. Jusque-là, le plan national de lutte contre les incendies, mené par le ministère de l'Environnement en collaboration avec la société civile, n'a pas donné les fruits escomptés malgré tous les efforts. En attendant la prochaine vague d'incendies ravageurs, le temps pourrait être consacré à la réflexion sur l'importance de la prévention et à la préparation.
Une biodiversité remarquable
À signaler que la forêt de Baabda est ouverte aux randonneurs, qui peuvent emprunter les nombreux sentiers qui y ont été tracés et y constater la richesse de la biodiversité ambiante. Les amateurs de sport et de marche peuvent également se rendre régulièrement à la forêt.
Les organisateurs du projet de protection ont prévu des jeux pour enfants, notamment un mur d'escalade, ainsi qu'un jeu intitulé « La chasse durable », qui consiste principalement en une observation d'oiseaux. Une pépinière a par ailleurs été créée sur place à des fins de reboisement. La forêt se caractérise par une biodiversité remarquable, avec 270 espèces végétales dont 10 % sont endémiques au Liban, 171 espèces d'oiseaux dont 43 % endémiques au Liban, 12 espèces de mammifères dont 22 % caractéristiques du pays, sans compter 18 espèces d'amphibiens.

