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Liban

Les bulldozers ne passeront pas sur le bien-fonds 31 de Rmeil

Une vue d’intérieur du palais Bustros, centre de la diplomatie libanaise.

« Non seulement le palais Bustros est inscrit sur la liste des bâtiments à préserver, mais il fait partie des 250 demeures inventoriées et classées catégorie A en raison de son intérêt architectural. Par conséquent, il ne peut être démoli », a déclaré le ministre de la Culture Salim Wardy à L'Orient-Le Jour, martelant que le bien-fonds 31 de Rmeil est « intouchable ».
« D'ailleurs, ajoute-t-il, aucune demande de permis de démolition n'a été présentée et il est hors de question qu'on le donne, et là je suis formel : je serai intransigeant. Quant à la future fonction du palais, elle ne fait pas partie des prérogatives du ministère. C'est-à- dire qu'on ne peut pas intervenir au niveau de l'usufruit d'un établissement. En tout cas, peu importe qui est le propriétaire ou le locataire, l'important est de garder intact l'édifice. »
Occupant un terrain de 3200 mètres carrés, le palais Bustros a été construit vers 1850 par Fadllallah Bustros. Après la Seconde Guerre mondiale, son descendant Gabriel Bustros déménage, rue Gabriel Khabbaz, dans la demeure qu'a héritée son épouse, la féministe et intellectuelle Evelyne Tuéni, et loue le palais (avec des meubles de l'époque) à l'État qui en fait le siège du ministère des Affaires étrangères. Gaby Bustros raconte pour la petite histoire qu'au cours des années quatre-vingt, avec la chute de la livre libanaise, le loyer annuel ne représentait plus 14 dollars ! Puis suite à un procès, les Bustros finissent par obtenir un ajustement de loyer (à la valeur locative). Mais hélas, ils restent bel et bien lésés : sous prétexte d'inondations, des tapis et des tableaux gardés dans les caves disparaissent ! Échaudée, la famille vend le palais, en décembre 2004, à Antoine Assouad qui l'a cédé dernièrement à Raymond Rahmé.
On parle, d'autre part, du déménagement du ministère des Affaires étrangères vers les locaux de la Maison des Nations unies (ou ce qu'on appelle communément l'immeuble de l'Escwa). Celle-ci, se déplacerait à Dbayé où l'État met à sa disposition un bâtiment. Selon une source qui a voulu garder l'anonymat, la Maison des Nations unies, conçue par l'architecte Pierre el-Khoury et prévue à l'origine pour être le siège de Solidere, est louée par ladite société pour la somme annuelle de 8 millions et demi de dollars. Si l'on fait l'addition du loyer étalé sur quelques années, cela constituerait une somme croquignolette que le gouvernement libanais aurait pu investir pour acquérir ce joyau architectural qu'est le palais Bustros !

L'attente d'une ratification
Pour un petit rappel des faits, en 1995, le ministre de la Culture, Michel Eddé, demandait aux architectes de l'Apsad (Association pour la protection des sites et anciennes demeures) de dresser un inventaire du patrimoine architectural de Beyrouth. À l'époque, 1 016 bâtiments traditionnels construits entre 1850 et 1940 situés dans les zones péricentrales, dont Achrafieh, Sodeco et Gemmayzé, ont été inscrits sur la liste des demeures à préserver et par conséquent interdites de démolition. Mais devant le tollé soulevé par les propriétaires, le Premier ministre d'alors, Rafic Hariri, confiait au cabinet Khatib et Alami la tâche d'établir une nouvelle étude. En juillet 1998, 259 bâtiments sont classés suivant un barème de A à E, la classe A regroupant les bâtiments importants qu'il faut absolument conserver ; et la classe E désignant les moins intéressants, et donc pouvant être démolis. Résultat, la liste s'est réduite comme « peau de chagrin » : sur les 1 016 bâtiments répertoriés par l'Apsad, il ne restait plus que quelque 200 bâtiments à conserver.
Alors, pour sauver un patrimoine en voie de disparition, des projets de loi sont élaborés par le ministre Ghassan Salamé puis par son successeur à la Culture, Tarek Mitri. C'est finalement en 2007 que le Conseil des ministres a adopté le projet présenté par M. Mitri, qui prévoyait à l'attention des propriétaires des compensations de nature financière. On attend depuis qu'il soit ratifié par le Parlement. Le ministre Wardy affirme avoir relancé la bataille : « Je suis prêt à faire un sit-in devant l'Assemblée pour que la loi soit votée par les députés. »
« Non seulement le palais Bustros est inscrit sur la liste des bâtiments à préserver, mais il fait partie des 250 demeures inventoriées et classées catégorie A en raison de son intérêt architectural. Par conséquent, il ne peut être démoli », a déclaré le ministre de la Culture Salim Wardy à L'Orient-Le Jour, martelant que le bien-fonds 31 de Rmeil est « intouchable ». « D'ailleurs, ajoute-t-il, aucune demande de permis de démolition n'a été présentée et il est hors de question qu'on le donne, et là je suis formel : je serai intransigeant. Quant à la future fonction du palais, elle ne fait pas partie des prérogatives du ministère. C'est-à- dire qu'on ne peut pas intervenir au niveau de l'usufruit d'un établissement. En tout cas, peu importe qui est le propriétaire ou le locataire, l'important est de...
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