Rebecca Kadi Loburang Dinduch, la doyenne du Sud-Soudan, est photographiée après avoir déposé son bulletin de vote, hier à Juba. Goran Tomasevic/Reuters
Cette estimation des ex-rebelles doit encore être confirmée par la commission chargée de l'organisation de cette consultation, qui s'étale sur une semaine jusqu'au 15 janvier. La porte-parole de la commission référendaire, Souad Ibrahim, a indiqué à l'AFP ne pas disposer d'informations complètes sur la participation, mais que l'estimation de 60 % était probablement juste. « Il est même possible que ce soit plus. » Des résultats partiels sont attendus fin janvier et les résultats définitifs le 14 février au plus tard.
Les Sud-Soudanais se prononcent depuis le 9 janvier sur le maintien de l'unité avec le reste du Soudan ou la séparation, dans un référendum prévu par l'accord de paix ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre Nord et Sud. Environ quatre millions d'électeurs sont inscrits sur les listes pour ce scrutin qui devrait mener à la partition du plus vaste pays d'Afrique divisé entre le Nord, musulman et en grande partie arabe, et le Sud, afro-chrétien.
Au quatrième jour du vote, les longues files d'électeurs s'étendaient toujours devant les bureaux de vote. L'ambiance festive a toutefois été ternie par des violences meurtrières, notamment autour de la question d'Abyei, à la frontière Nord-Sud. Mme Itto a accusé le gouvernement de Khartoum d'appuyer la tribu arabe des Messiriya dans la région frontalière disputée d'Abyei, où des violences ont fait 33 morts le week-end dernier. « L'idée est de décourager Abyei de vouloir son autodétermination. »
Un référendum sur le rattachement d'Abyei au Nord ou au Sud devait avoir lieu le 9 janvier, mais il a été repoussé sine die en raison de différends sur l'éligibilité des électeurs. Le secrétaire général du SPLM, Pagan Amum, a fait état d'une proposition visant à sortir de l'impasse. « Le SPLM est prêt à s'asseoir avec le NCP (le parti du président Omar el-Béchir) pour surmonter la crise », à Juba ou à Addis-Abeba, a-t-il déclaré après une tournée à Abyei. « La situation est maintenant calme, bien qu'il y ait beaucoup de tension. On craint que des Messiriya n'attaquent de nouveau », a-t-il ajouté.
L'ancien chef de l'ONU Kofi Annan, qui observe le processus référendaire, a pour sa part appelé à une résolution rapide de la question.
Parallèlement, Princeton Lyman, l'un des principaux négociateurs des États-Unis pour le Soudan, a annoncé hier que le Soudan pourrait être retiré dès juillet prochain de la liste des pays considérés par Washington comme complices du terrorisme, si Khartoum respecte les résultats du référendum. « Si le référendum se déroule bien et que le gouvernement en reconnaît les résultats, le président Obama annoncera son intention d'engager le processus visant à retirer » le Soudan de la liste noire, a déclaré à l'AFP le principal négociateur américain avec ce pays, Princeton Lyman. « C'est un processus qui prend du temps, mais si on l'engage dans la foulée du référendum, l'espoir est que le Soudan remplisse toutes les conditions pour que ce soit chose faite en juillet », a-t-il expliqué. Pour sortir de la liste des pays soutenant le terrorisme, où il figure aux côtés de l'Iran, de la Syrie et de Cuba, le Soudan devra aussi s'abstenir d'aider « directement ou indirectement » des mouvements terroristes, a déclaré le secrétaire d'État assistant pour l'Afrique, Johnnie Carson.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine