D'importantes mesures de sécurité ont été prises par les autorités pour cette visite qui n'a pas été annoncée d'avance et doit durer quelques heures. Mme Clinton est arrivée à Sanaa en provenance des Emirats arabes unis où elle a entamé dimanche une tournée qui doit encore la mener à Oman et au Qatar.
C'est James Baker qui avait effectué en 1990 le dernier déplacement d'un secrétaire d'Etat américain au Yémen.
"Nous oeuvrons de concert avec le Yémen et d'autres pays du Golfe et au-delà contre la menace du terrorisme, notamment celle d'el-Qaëda dans la péninsule arabique (Aqpa)", basé au Yémen et dirigé par des Yéménites et des Saoudiens, a déclaré Mme Clinton aux journalistes à son arrivée.
"Le Yémen reconnaît la menace que constitue l'Aqpa et est de plus en plus engagé à une stratégie de lutte globale contre le terrorisme", a-t-elle ajouté.
Elle a indiqué que les Etats-Unis avaient désormais "une approche plus équilibrée" en ce qui concerne l'aide au Yémen qui devrait englober une part plus importante pour le développement dans les domaines social, économique et politique.
L'Aqpa avait revendiqué l'attentat manqué perpétré par un Nigérian contre un avion de ligne américain en route pour Detroit (nord des Etats-Unis) le jour de Noël 2009. C'est aussi du Yémen que l'Aqpa a envoyé fin octobre des colis piégés destinés aux Etats-Unis et découverts avant qu'ils n'explosent.
Outre la menace d'el-Qaëda, le président Ali Abdallah Saleh est confronté à une rébellion dans le nord, à un mouvement sécessionniste dans le sud et à une crise économique aggravée par le tarissement des ressources du pays en pétrole.
Des analystes redoutent de voir le Yémen devenir une nouvelle Somalie.
el-Qaëda est de plus en plus actif au Yémen où les attaques meurtrières se sont multipliées ces derniers mois contre les forces de sécurité.
Mme Clinton a dit espérer favoriser un meilleur partenariat entre Sanaa et la pléthore d'organisations non-gouvernementales travaillant dans les domaines de la santé, de l'éducation ou autres au service du développement du pays.
Comme ils le font depuis des années en Afghanistan et au Pakistan aux premières loges dans le combat contre el-Qaëda, les Etats-Unis ont récemment accru leur aide au développement au Yémen, aux côtés de l'assistance militaire.
Les Etats-Unis supervisent des programmes visant à créer des emplois, aider des cultivateurs, construire des écoles et améliorer la santé des Yéménites, notamment dans les zones reculées, selon des responsables américains.
Selon un responsable de l'entourage de Mme Clinton, les Etats-Unis ont fourni en 2010 une aide au développement de 130 millions de dollars et une autre militaire de 170 millions de dollars.
Mme Clinton a rencontré M. Saleh et doit prononcer un discours devant des représentants de la société civile.
Comme elle doit rencontrer des figures de l'opposition dans une tentative de désamorcer la tension avec le parti au pouvoir qui est déterminé à organiser des législatives en avril et imposer des amendements constitutionnels ouvrant la voie à une présidence à vie pour M. Saleh.
Les députés du parti au pouvoir avaient approuvé le 1er janvier le principe de ces amendements contestés, en dépit de l'appel des Etats-Unis à privilégier le dialogue avec l'opposition.
Mme Clinton doit également tenter de contenir les répercussions des révélations du site WikiLeaks, selon lesquelles M. Saleh a menti aux Yéménites en affirmant que des frappes militaires américaines contre des positions de l'Aqpa au Yémen avaient été menées par l'armée yéménite.

