Le ministre du Travail en discussion avec la délégation de la Fédération des syndicats unis. Vers une scission du mouvement ouvrier ? Photo Dalati et Nohra
Au cours d'une rencontre avec le ministre du Travail, Boutros Harb, Féghali a protesté contre la manière dont le président du conseil exécutif de la CGTL, Ghassan Ghosn, conduit les affaires de la centrale. La principale contestation porte sur la date que M. Ghosn a fixée pour le renouvellement d'une partie du conseil exécutif de la centrale, qui doit élire ensuite son nouveau. Cette date a été fixée unilatéralement au 17 janvier.
M. Féghali, qui s'exprimait au nom de 11 fédérations syndicales, s'est plaint de ce qu'il considère comme « des abus commis au sein de la centrale », et en particulier de l'organisation de ces élections partielles.
« Nos objections, a affirmé Feghali, portent notamment sur la date trop rapprochée qui a été fixée pour l'organisation du scrutin. Aucune de nos formations n'a reçu la convocation d'usage en la matière, alors que toutes doivent envoyer des délégués à une telle élection. Sans compter que certaines fédérations n'ont pas renouvelé leur bureau, en sorte qu'il leur soit possible de nommer des délégations. »
En outre, Moussa Féghali a jugé « encore plus grave » la manière unilatérale avec laquelle Ghassan Ghosn conduit la centrale. Il a réclamé avec insistance que les intérêts des ouvriers soient défendus « dans un esprit consensuel ».
« Nous déplorons le fait que, en dépit de toutes nos démarches visant à obtenir que les décisions soient prises de façon consensuelle, de manière à empêcher la perpétuation de l'hégémonie d'un camp sur l'autre, nous n'ayons pu obtenir satisfaction », a-t-il affirmé
« Nous demandons que les choses soient faites de façon consensuelle, comme tout ce qui est fait en ce moment au Liban », a affirmé le syndicaliste. « Le consensus et la convivialité doivent régner à tous les niveaux », a-t-il affirmé, insinuant ainsi que des considérations confessionnelles entraient aussi en ligne de compte dans les revendications de sa fédération.
« Nous ne cherchons pas à mélanger politique et travail syndical, a encore affirmé le leader de la Fédération des syndicats unis, mais nous mettons en garde contre une situation qui devient de plus en plus insupportable pour certaines catégories sociales dont la cherté lamine le pouvoir d'achat. Nous continuerons à tendre la main et à plaider pour le dialogue, dans l'espoir de sauver du naufrage le mouvement syndical. Mais si l'impasse persiste, nous n'hésiterons pas à user de notre droit à créer une nouvelle centrale syndicale, conformément aux conventions internationales en vigueur. »
L'OLP et l'ordre des avocats
Par ailleurs, le ministre du Travail a reçu hier une délégation de la représentation de l'OLP au Liban conduite par l'ambassadeur Abdallah Abdallah, avec lequel il a abordé l'amendement constitutionnel spécial exonérant les Palestiniens vivant au Liban du paiement de la taxe spéciale sur le permis de travail, décidée le 17 août dernier. Cette loi restera en vigueur durant 5 ans, précise-t-on, et des listes nominales doivent être établies pour faciliter l'accès des ouvriers palestiniens à ce droit.
Sur un autre plan, M. Abdallah a soulevé avec le ministre la question des exigences sanitaires qui doivent présider à l'exercice des métiers auxquels ont accès les Palestiniens. On sait que le Liban a refusé, au nom du rejet de toute implantation déguisée, l'adhésion des Palestiniens à la CNSS et a rappelé qu'ils dépendent, pour les services de santé, de l'Unrwa.
Avec la bâtonnière Amal Haddad, il a été question de la manière cavalière dont certains avocats ayant affaire au ministère des AS sont traités. Le ministre a promis que le nécessaire sera fait pour que les avocats agissant dans l'exercice de leurs fonctions soient traités conformément aux dispositions légales prévues en la matière.

