Après les six premières étapes du rallye Dakar 2011, c’est toujours le tenant du titre Carlos Sainz qui caracole en tête, mais l’Espagnol se méfie de Peterhansel, troisième au général. Daniel Garcia/AFP
R : Carlos Sainz : On ne peut pas comparer. On parle de disciplines distinctes. L'une est un championnat, l'autre une course unique. Mais au niveau personnel, quand j'ai gagné le championnat deux fois, ça a été une joie immense. Et l'an passé, quand j'ai remporté le Dakar, cela a aussi été une joie immense. Quand un pilote atteint ses buts, c'est toujours très satisfaisant.
Le Dakar a-t-il toujours été un objectif pour vous ?
Non. J'ai été le premier Espagnol à remporter le championnat du monde des rallyes. Je me suis dit que ce serait bien d'être aussi le premier à essayer de gagner le Dakar. On me l'a proposé. Et finalement, j'ai réussi l'an passé.
Ce que vous vivez dans un Dakar est-il proche de l'idée que vous vous en faisiez ?
C'est assez proche. Je me suis toujours informé, j'ai des amis qui l'avaient couru, qui m'ont raconté comment c'était. Donc je savais plus ou moins à quoi m'attendre. C'est une ligne droite brutale, aux niveaux physique, psychique. Ce sont deux semaines où on va à la limite de tout : de la mécanique, de l'être humain, de la résistance. C'est l'un des évènements les plus extrêmes qu'un sportif puisse accomplir.
Quels sont vos points forts et faibles ?
J'essaie d'être le plus complet possible. Au début, je n'étais pas familier avec les dunes et le sable. Mais l'an passé, on a réussi à passer sans problème. On ne sait jamais pourquoi les choses se produisent. L'an passé, Peterhansel a connu des pépins, cette année ce peut être quelqu'un d'autre.
Peut-il encore l'emporter ?
Assurément. Peterhansel est un pilote très rapide, qui a une énorme expérience, qui maîtrise tous les terrains, qui connaît la course à fond et qui a un instinct spécial dans le désert.
Sa voiture paraît moins bonne...
Non, l'an passé, avant d'abandonner, il dominait la course. Cette année, sans ses crevaisons, il serait presque à notre niveau. Quant à la différence entre sa voiture et la mienne... ce sont deux bonnes voitures, qui diffèrent surtout par leur robustesse.
Comment pouvez-vous continuer à travailler avec Nasser al-Attiyah, vu la lutte qui vous a opposés l'an passé ?
C'est comme après un match de football. Tout s'oublie. Nous sommes deux hommes qui aiment gagner. En rallye, j'ai eu l'habitude d'être avec des pilotes rapides, comme Didier Auriol, Juha Kankkunen, Colin McRae, Sébastien Loeb. (...) Bien sûr, Nasser essaiera de gagner, Peterhansel et moi aussi. La rivalité entre nous est intense, le rythme élevé.
Vous avez dit que vous ne vouliez pas cette année du scénario de 2010. Il semble pourtant bien parti pour se répéter ...
Il reste encore beaucoup de route devant nous. Beaucoup de choses peuvent arriver. Mais pourquoi pas ? Si ça se repasse comme ça, nous essayerons de reproduire ce que nous avons fait en 2010.
Quelle est la clé du succès ?
Ne pas commettre d'erreurs, ni de pilotage ni de navigation. Rester calme, patient.
Le fait d'avoir gagné l'an passé est-il un avantage énorme ?
Oui parce que j'affronte la course avec plus de tranquillité. Je n'ai pas de pression négative.


Washington condamne « l'attaque scandaleuse » imputée à l'Iran ayant visé l'aéroport à Koweït