La Corée du Nord a dit mercredi être prête à entamer "sans conditions et rapidement" des pourparlers avec la Corée du Sud afin d'apaiser les fortes tensions régnant entre les deux pays, dans un communiqué officiel. Les Nord-Coréens se déclarent "prêts à rencontrer quiconque (le souhaite, ndlr), à tout moment et en tout lieu".
"Nous ne considérons pas cela comme une offre sérieuse de dialogue", a déclaré jeudi à l'AFP la porte-parole du ministère de l'Unification Lee Jong-Joo.
Le Nord a émis plusieurs offres de négociations de ce type depuis 2007, a-t-elle dit. Selon elle, en faisant de telles propositions, Pyongyang veut diviser la population et le gouvernement en Corée du Sud.
Le Nord devrait plutôt, pour preuve de sa bonne volonté, respecter ses obligations de dénucléarisation énoncées en 2005 et présenter ses excuses pour le bombardement le 23 novembre d'une petite île sud-coréenne et le torpillage d'une corvette en mars, qui ont fait au total 50 morts, a-t-elle ajouté.
La réaction de Washington est sur le même registre.
Pyongyang doit démontrer son "sérieux", a déclaré mercredi le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley. Elle "doit démontrer que son offre est sincère", a-t-il dit à la presse.
La secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a évoqué le sujet avec son homologue chinois Yang Jiechi, avec qui elle s'est entretenue plus tôt dans la journée à Washington, a ajouté M. Crowley.
Des éditoriaux publiés par la presse officielle de Pyongyang à l'occasion du Nouvel An appelaient à une amélioration des relations entre le Nord et le Sud, alors que la tension dans la péninsule reste vive, après le bombardement du 23 novembre.
A Séoul, les analystes soulignent que le Nord tente de rendre responsable le Sud de l'absence de dialogue.
"Cette proposition de dialogue place le Sud dans une situation très inconfortable, surtout à un moment où la Chine et les Etats-Unis souhaitent tous deux un apaisement des tensions via les pourparlers", a noté Hong Hyun-Ik, de l'institut Sejong.
Selon lui, le Nord pourrait conduire un troisième essai nucléaire s'il n'y a pas de progrès sur la reprise des pourparlers à Six (les deux Corées, Chine, Japon, Russie, Etats-Unis) au point mort depuis le départ de Pyongyang de la table des négociations en avril 2009.


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