Un garde de sécurité empêche des journalistes de prendre en photo la résidence surveillée de Liu Xiaobo. Peter Parks/AFP
L'ONG, Chinese Human Rights Defenders, (CHRD), un réseau basé à Hong Kong de militants des droits de l'homme, a affirmé quant à elle « souhaiter un joyeux anniversaire à Liu Xiaobo et appeler une nouvelle fois à sa libération immédiate et sans condition ». CHRD a également souligné que le dissident passait son premier anniversaire dans la prison de Jinzhou, dans la province du Liaoning (Nord-Est), mais qu'il n'était pas libre non plus lors de ses précédents anniversaires. En 2009, il était détenu à Pékin et en 2008 il se trouvait placé sous surveillance policière à l'écart de la capitale chinoise.
Ancienne figure de proue du mouvement pour la démocratie de Tiananmen en 1989, cet intellectuel a été condamné fin 2009 à 11 ans de réclusion après avoir réclamé une démocratisation de la Chine. Liu Xiaobo est devenu le 8 octobre le premier citoyen chinois à se voir décerner le Nobel de la paix. En son absence, le prix lui a été remis de façon symbolique le 10 décembre à Oslo, l'opposant étant représenté par une chaise vide.
D'après la loi chinoise, les proches parents des détenus ont le droit de leur rendre visite une fois par mois, mais ce droit a selon des ONG été suspendu pour la famille du Nobel. Interrogé hier sur le sort de Liu Xiaobo, un porte-parole de la diplomatie chinoise a encore une fois refusé d'envisager toute libération. Pour Pékin, l'opposant est un « criminel ». « La Chine est un pays où s'applique la séparation constitutionnelle de la justice et du pouvoir », a assuré Mme Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, en insistant sur « la souveraineté judiciaire de la Chine ». Mme Jiang avait début décembre qualifié de « clowns » les membres du comité Nobel.
La femme du Nobel, Liu Xia, reste depuis l'annonce du prix assignée à résidence à Pékin, son téléphone et ses communications par Internet demeurant bloquées. Plusieurs tentatives de l'AFP hier pour la joindre ont été vaines. « Liu Xia est punie simplement car elle est l'épouse (de Liu Xiaobo) », a affirmé Catherine Baber, une responsable d'Amnesty international. Shang Baojun, avocat de Liu Xiaobo, a confirmé être dans l'impossibilité de joindre son épouse.

