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Moyen Orient et Monde - Côte D’Ivoire

Suite aux violences, le camp Ouattara en appelle à la CPI

L'ONU recense 173 morts, 90 cas de tortures et mauvais traitements, 471 arrestations et 24 cas de disparition.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution dénonçant les « atrocités » commises après la présidentielle ivoirienne. Denis Balibouse/Reuters

Le second tour de la présidentielle a plongé la Côte d'Ivoire dans une grave crise : la victoire d'Alassane Ouattara a été prononcée par la Commission électorale et reconnue à l'étranger, mais invalidée par le Conseil constitutionnel qui a proclamé président le sortant Laurent Gbagbo. Une semaine après la répression sanglante par les forces pro-Gbagbo d'une marche avortée des partisans de Ouattara sur la télévision d'État RTI, pilier du régime en place, le gouvernement Ouattara a réclamé la venue d'une mission de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un entretien au quotidien français Libération, son Premier ministre Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), dit souhaiter que « tous ceux qui sont impliqués d'une manière ou d'une autre » dans les violences du 16 décembre et celles qui ont suivi « soient transférés à La Haye ». La veille, depuis l'hôtel d'Abidjan où le camp Ouattara est toujours retranché, il avait exhorté le monde à employer « la force » pour déloger Gbagbo.
La situation dans le pays « s'est caractérisée par l'usage excessif de la force par les partisans de Laurent Gbagbo », l'autre président proclamé qui se maintient au pouvoir, a affirmé à Genève la haute-commissaire adjointe aux Droits de l'homme de l'ONU, Kyung-Wha Kang. « Entre le 16 et le 21 décembre, les responsables des droits de l'homme (en Côte d'Ivoire) ont reçu des informations sur 173 meurtres, 90 cas de tortures et mauvais traitements, 471 arrestations, 24 cas de disparition forcée ou involontaire », a-t-elle dit. À Abidjan, l'Onuci a indiqué avoir été empêchée par les forces armées loyales à Gbagbo d'enquêter sur l'existence éventuelle de charniers comprenant « de 60 à 80 corps » dans la ville, et confirmé la présence de combattants libériens « lourdement armés ». Après son rapport, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté une résolution dénonçant les « atrocités » commises après la présidentielle. Le texte avait été proposé par le Nigeria au nom du Groupe africain.
Parallèlement, le président français Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec le président nigérian Goodluck Jonathan, président en exercice de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), à la veille d'un sommet extraordinaire sur la Côte d'Ivoire, aujourd'hui à Abuja. Des discussions se sont d'ores et déjà ouvertes entre les États-Unis et des pays de la Cédéao sur un éventuel renforcement des effectifs de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci, près de 9 000 hommes), appuyés par les 900 soldats français de l'opération Licorne. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui craint « une guerre civile » dans le pays, a opposé une fin de non-recevoir à la demande de M. Gbagbo d'un retrait de ces deux forces, accusées de soutenir M. Ouattara.
La pression internationale s'est renforcée sur le président sortant, déjà soumis à des sanctions européenne et américaine, avec la reconnaissance par l'ONU de l'ambassadeur désigné par Ouattara, Youssouf Bamba, auprès de l'organisation internationale.
Autre motif de satisfaction pour le camp Ouattara, le transport de vivres et de marchandises a été interrompu entre Bouaké (centre), deuxième ville du pays et « capitale » des FN, et Abidjan, en réponse à l'appel à la désobéissance civile lancé par M. Soro.
Par ailleurs, Charles Blé Goudé, fervent partisan de Gbagbo et leader des « jeunes patriotes » qui depuis une semaine harangue ses militants pour leur demander de se tenir prêts au combat pour « la souveraineté » de son pays, a pour sa part appelé à une grande manifestation « pacifique » le 29 décembre à Abidjan.
Le second tour de la présidentielle a plongé la Côte d'Ivoire dans une grave crise : la victoire d'Alassane Ouattara a été prononcée par la Commission électorale et reconnue à l'étranger, mais invalidée par le Conseil constitutionnel qui a proclamé président le sortant Laurent Gbagbo. Une semaine après la répression sanglante par les forces pro-Gbagbo d'une marche avortée des partisans de Ouattara sur la télévision d'État RTI, pilier du régime en place, le gouvernement Ouattara a réclamé la venue d'une mission de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un entretien au quotidien français Libération, son Premier ministre Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), dit souhaiter que « tous ceux qui sont impliqués d'une manière ou d'une autre » dans les violences du 16 décembre et...
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