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Moyen Orient et Monde - Côte D’Ivoire

Le camp Ouattara demande l’usage de la force contre Gbagbo

Enlèvements et meurtres sèment la panique à Abidjan.
Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, l'un des deux présidents ivoiriens proclamés, a demandé hier à la communauté internationale de faire usage de la force pour déloger du pouvoir Laurent Gbagbo, qui vient de réaffirmer qu'il est le « président ». « Après toute la pression internationale et les sanctions qui n'ont pas produit d'effet sur M. Gbagbo, il est évident qu'il n'y a qu'une solution qui reste, celle de la force », a déclaré M. Soro à une chaîne de télévision française. « Je demande au Conseil de sécurité des Nations unies, à l'Union européenne, à l'Union africaine et à la Cédéao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) d'envisager la force », a-t-il ajouté.
Cet appel est intervenu après une recommandation de la France à ses ressortissants de quitter « provisoirement » la Côte d'Ivoire, également faite par l'Allemagne, la Suède et le Portugal. Le Nigeria, lui, a évacué les familles de ses diplomates à la suite d'un « incident » dont son ambassade à Abidjan a été victime. Un obus a été découvert dans l'enceinte de la mission. « Tous les ingrédients d'une guerre civile sont réunis et c'est peut-être ce qui a inspiré la décision de Paris », selon M. Soro. « Nous sommes face à une folie meurtrière et il n'est pas exclu que ce régime (...) devienne de plus en plus violent et suive la voie suicidaire », a-t-il dit. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a également mis en garde contre « le risque réel de guerre civile » et son prédecesseur, Kofi Annan, a exhorté M. Gbagbo à partir et « à ne pas déclencher la violence ».
Les pressions politiques, sanctions et menaces n'ont eu apparemment aucun effet sur M. Gbagbo qui, dans un discours mardi, n'a laissé planer aucun doute : « Je suis le président de la République. » Il a proposé un « comité d'évaluation » pour un « règlement pacifique » de la crise qui, selon l'ONU, a fait au moins 50 morts en moins d'une semaine. Ce comité, dirigé par un Africain, comprendrait des représentants de la communauté internationale, y compris l'UE et les États-Unis qui lui ont imposé des sanctions ciblées ainsi qu'à son entourage.
L'UE considère cette « main tendue » comme un « faux message d'apaisement » pour tenter de diviser les Africains, selon un diplomate européen de haut rang. Le camp Ouattara a également rejeté les propositions de M. Gbagbo, l'accusant de « défier » le monde. Pour sa part, le président de la Banque mondiale, l'américain Robert Zoellick, a annoncé depuis Paris que son institution gelait les financements de la Côte d'Ivoire. Le seul à avoir apporté un soutien à M. Gbagbo est le ministre angolais des Affaires étrangères, Jorge Chicote, qui a prôné la « non-ingérence de la communauté internationale dans les divergences électorales en Côte d'Ivoire ».
Les habitants de la capitale économique, Abidjan, semblaient vouloir ignorer la crise à l'approche de Noël et n'ont pas répondu hier à l'appel à la « désobéissance » au gouvernement Gbagbo, lancé la veille par le camp Ouattara. En signe de détente avant les fêtes, l'armée loyale à M. Gbagbo a levé mardi soir le couvre-feu en vigueur depuis la veille de la présidentielle controversée du 28 novembre.
Toujours à Abidjan, des dizaines de femmes ont manifesté contre les enlèvements commis de nuit par des hommes armés fidèles à M. Gbagbo, dont certains ne parlaient pas bien français. La présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, a confirmé la présence de mercenaires de son pays en Côte d'Ivoire et a averti qu'ils risquaient d'être poursuivis en justice. Des mouvements de défense des droits de l'homme et des partisans de M. Ouattara affirment également que des hommes armés parcourent la nuit les quartiers d'Abidjan, tuant et enlevant des militants du parti de M. Ouattara. Le camp Gbagbo dément en bloc et accuse les partisans de M. Ouattara de tenter de le diaboliser.
Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, l'un des deux présidents ivoiriens proclamés, a demandé hier à la communauté internationale de faire usage de la force pour déloger du pouvoir Laurent Gbagbo, qui vient de réaffirmer qu'il est le « président ». « Après toute la pression internationale et les sanctions qui n'ont pas produit d'effet sur M. Gbagbo, il est évident qu'il n'y a qu'une solution qui reste, celle de la force », a déclaré M. Soro à une chaîne de télévision française. « Je demande au Conseil de sécurité des Nations unies, à l'Union européenne, à l'Union africaine et à la Cédéao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) d'envisager la force », a-t-il ajouté.Cet appel est intervenu après une recommandation de la France à ses ressortissants de quitter...
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