Hier, toute la presse irakienne relatait l’intronisation du Premier ministre Nouri al-Maliki, qui a mis fin à neuf mois de crise politique. Ali al-Saadi/AFP
Pour M. Maliki, qui assure l'intérim des ministères de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité nationale, les forces irakiennes doivent être capables d'assurer la sécurité lorsque les 50 000 derniers soldats américains auront quitté le territoire. Le Premier ministre, qui ne souhaite pas une prolongation de la présence américaine, peut se targuer d'avoir divisé par sept le nombre des morts depuis son arrivée au pouvoir en 2006 même si cette année 3 500 personnes ont été tuées dans des actes de violence. « Nous avons surmonté la violence et frappé les hors-la loi, mais cela ne veut pas dire que la violence est finie, qu'il n'y a plus d'opposition » armée, a-t-il précisé. Si de rudes coups lui ont été portés, el-Qaëda mène encore des opérations spectaculaires comme le carnage dans une église de Bagdad le 31 octobre, qui avait provoqué un exode des chrétiens.
L'Irak compte principalement sur sa production pétrolière pour relancer son économie, notamment après la conclusion cette année de contrats d'exploitation avec des majors internationales. La production a atteint 2,5 millions de b/j. Par ailleurs, les services publics sont toujours dans un état déplorable, notamment la production d'électricité. C'est le nouveau vice-Premier ministre Hussein Chahristani, ministre du Pétrole et de l'Électricité par intérim dans le gouvernement sortant, qui est chargé provisoirement du dossier en attendant la nomination du titulaire. La demande d'électricité se situe autour de 15 000 MW alors que le pays en produit 6 000 MW et en importe 1 000 MW. Les coupures de courant ont entraîné de violentes manifestations.
C'est à l'indéboulonnable ministre des Affaires étrangères, le Kurde Hoshyar Zebari, en poste depuis 2003, que revient la tâche d'améliorer les relations avec les voisins, notamment avec la Syrie et surtout l'Arabie saoudite qui n'a jamais accepté de voir les sunnites évincés du pouvoir au profit des chiites.
Ce gouvernement de compromis compte 45 ministères et secrétariats d'État, dont dix n'ont pas encore été pourvus. L'Alliance nationale (chiite) s'octroie la part du lion avec le poste de Premier ministre, de vice-Premier ministre et 17 portefeuilles, dont celui du Pétrole.
La liste Iraqiya obtient un poste de vice-Premier ministre et huit ministères, dont les Finances, et les Kurdes gardent leur poste de vice-Premier ministre et gèrent trois ministères, dont les Affaires étrangères.
La petite coalition Wassat (10 sièges) obtient deux ministères et un chrétien devient ministre de l'Environnement.
Dans une déclaration à la presse, l'ambassadeur américain à Bagdad, James Jeffrey, a estimé que le gouvernement d'union était une nécessité pour résoudre les problèmes comme accroître la production pétrolière, s'attaquer « aux racines de la violence, de l'insurrection et du terrorisme » et poursuivre la réconciliation. « Pour réaliser chacune de ces choses, vous avez besoin d'un gouvernement qui rassemble les différents acteurs car c'est le moyen d'avancer », a-t-il souligné.


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