En contestant toute légitimité au Tribunal spécial pour le Liban (TSL), l'ayatollah iranien a fait table rase des déclarations antérieures syriennes, voire iraniennes.
Le camp du 14 Mars a dénoncé à l'unanimité les propos de Khamenei, estimant qu'ils vont tout à la fois « à l'encontre de l'initiative syro-saoudienne, des déclarations de Bachar el-Assad et du discours de Hassan Nasrallah ».
Le ministre du Travail Boutros Harb a ainsi qualifié les déclarations de Khamenei de « surprenantes », les accusant « d'envenimer » les discussions en cours et d'engager le Hezbollah à adopter « une décision quasi finale ».
Ibrahim Najjar, ministre de la Justice, a quant à lui présenté « l'aspect politique » des déclarations de Khamenei, qui réfute à la base le TSL, contre « l'aspect juridique » des propos syriens, placés sous l'ombrelle de la légitimité des Nations unies.
Le membre du bloc du Futur Ammar Houri a pour sa part estimé que les propos du guide spirituel iranien sont « autant de menaces » à la stabilité du Liban et qu'ils sont dirigés « contre les efforts syro-saoudiens ». Il a également souligné que ces déclarations allaient à l'encontre de ceux de Hassan Nasrallah, dont la dernière allocution a tenté d'apaiser le climat politique tendu.
M. Houri s'est en outre étonné que ces déclarations viennent « contredire » le contenu du communiqué conjoint qui a paru après la visite du Premier ministre Saad Hariri en Iran ainsi que les propos mêmes du président iranien lors de sa visite à Baabda. Le député a ainsi considéré que les propos de Khamenei traduisaient « un certain embarras et une vision assez opaque », souhaitant que les jours prochains apportent « une quelconque clarification » de cette position.
Pour son collègue Ahmad Fatfat, Khamenei a « présenté de nouvelles données », alors que le ministre Mouïn Merhabi a déclaré que les propos du guide iranien « n'avaient aucune valeur » par rapport au TSL parce que cette instance « ne concerne pas l'Iran ». Il a par ailleurs estimé que tous les remous suscités par certaines prises de position du Hezbollah étaient « une diversion » destinée à éluder le problème essentiel, à savoir « le conflit qui oppose l'Iran à la communauté internationale ».
Le ministre du Bloc de Zahlé, Joseph Maalouf, a pour sa part qualifié la déclaration de Khamenei « d'ingérence évidente » dans les affaires libanaises, en plus d'être « une attaque directe contre la justice internationale ».
Pour le camp du 8 Mars et pour Ali Khreiss en particulier, les propos du guide iranien sont « un avertissement » et anticipent l'accusation prochaine « d'une partie des chiites, ce qui causerait une guerre civile ».
Du côté du Bloc du changement et de la réforme, Fadi Abboud a estimé que les déclarations de l'ayatollah Khamenei ne présentent « aucune nouveauté ». Il a d'ailleurs confirmé que le tribunal international est « politisé et injuste », et qu'il est donc nécessairement « partial ».

