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Moyen Orient et Monde - Belarus

Réélu, Loukachenko promet la prison à ses opposants

La police a arrêté 639 personnes pour leur participation à une manifestation d'opposition à Minsk à l'issue de l'élection présidentielle de dimanche.

Le candidat de l’opposition à la présidentielle, Andreï Sannikov, a été battu avant d’être arrêté par les forces de l’ordre, dimanche soir à Minsk, en marge d’une manifestation anti-Loukachenko. Uladz Hrydzin/AFP

Le président du Belarus Alexandre Loukachenko a rejeté hier les critiques sur sa réélection dimanche, qualifiant de « banditisme » la manifestation violemment réprimée la veille et promettant la prison aux centaines de personnes arrêtées.
L'autoritaire président de cette ex-république soviétique, au pouvoir depuis 16 ans, a obtenu près de 80 % des suffrages au premier tour de scrutin, selon les chiffres provisoires de la commission électorale.
Sept des neuf candidats de l'opposition à la présidentielle ont été interpellés dans la nuit de dimanche à lundi après la dispersion sans ménagement de milliers d'opposants qui dénonçaient des fraudes massives. Ils avaient tenté de forcer l'entrée du siège gouvernemental. Des partis et membres de l'opposition ont fait l'objet de perquisitions dans la nuit de dimanche à lundi à Minsk.
« Ce qu'on a essayé de faire hier à Minsk, ce n'est pas la démocratie, c'est du banditisme. Les vandales et les casseurs se sont déchaînés », a pour sa part affirmé M. Loukachenko, lors d'une conférence de presse. « Tout cela était organisé », a-t-il dit. « Tous vont aller en prison selon la loi », a-t-il ajouté.
Il a indiqué que 639 personnes étaient détenues hier soir pour leur participation à la manifestation, citant notamment le candidat d'opposition Vladimir Nekliaev.
Selon un proche du candidat Rygor Kastoussev, interpellé dimanche, une enquête a été ouverte pour « organisation de troubles massifs à l'ordre public », un délit passible de 15 ans de prison.
« Il n'y aura pas de révolution au Belarus », a souligné M. Loukachenko. « Nous avons fait tout le nécessaire pour que la campagne électorale se déroule honnêtement et dans le strict respect de la législation de notre pays », a-t-il encore dit, critiquant les conclusions de l'OSCE.
La mission d'observation électorale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a estimé dans un communiqué que « cette élection n'a pas permis de donner au Belarus le nouveau départ dont il avait besoin », estimant que le « décompte des voix manquait de transparence ». L'OSCE a également dénoncé « l'arrestation de la plupart des candidats à la présidentielle, de centaines de militants, de journalistes et de représentants de la société civile », jugeant que Minsk était très loin d'avoir des élections libres.
Les candidats Andreï Sannikov, Vladimir Nekliaev, Nikolaï Statkevitch, Rygor Kastoussev, Vitali Rymachevskiï, Ales Mikhalevitch et Dmitri Ouss étaient toujours en détention hier soir. L'organisation Reporters sans frontières a indiqué qu'une vingtaine de journalistes au total avaient été interpellés et battus par les forces de l'ordre.
Les États-Unis, l'Union européenne, la Pologne, l'Allemagne et l'Italie ont condamné cette répression et les interpellations. De son côté, le président russe Dmitri Medvedev a estimé qu'il s'agissait d' « une affaire intérieure au Belarus ».
M. Loukachenko entretient des relations difficiles avec Moscou depuis des mois, alors qu'il tentait d'opérer un rapprochement avec les Occidentaux, ce qui semble être compromis. « Nous n'allons pas nous incliner (devant l'UE), ramper, implorer », a-t-il déclaré hier, soulignant en revanche que les relations avec Moscou allaient être « meilleures qu'avec tout autre pays ».
Le président du Belarus Alexandre Loukachenko a rejeté hier les critiques sur sa réélection dimanche, qualifiant de « banditisme » la manifestation violemment réprimée la veille et promettant la prison aux centaines de personnes arrêtées.L'autoritaire président de cette ex-république soviétique, au pouvoir depuis 16 ans, a obtenu près de 80 % des suffrages au premier tour de scrutin, selon les chiffres provisoires de la commission électorale.Sept des neuf candidats de l'opposition à la présidentielle ont été interpellés dans la nuit de dimanche à lundi après la dispersion sans ménagement de milliers d'opposants qui dénonçaient des fraudes massives. Ils avaient tenté de forcer l'entrée du siège gouvernemental. Des partis et membres de l'opposition ont fait l'objet de perquisitions dans la nuit de dimanche à...
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