« Il assumera par intérim les trois ministères de la sécurité car il n'a pas encore choisi le bon candidat parmi tous les prétendants qui doivent être indépendants », a affirmé à l'AFP le député Khaled al-Assadi, un proche du Premier ministre. « Pour éviter la politisation de ces postes, ce ne sont pas les partis qui présentent leurs candidats, mais c'est le Premier ministre qui doit obtenir auprès d'eux un consensus sur son choix », a-t-il détaillé. « Il faut bien étudier et réfléchir avant de choisir les titulaires de ces trois postes, en raison du caractère sensible de ces ministères. Tout le monde doit se mettre d'accord sur les nominations. Il faut qu'elles soient acceptées par tous », a confié à l'AFP un conseiller de M. Maliki sous le couvert de l'anonymat.
Aux côtés du Premier ministre, le nouveau gouvernement devrait compter trois vice-Premiers ministres appartenant à l'Alliance nationale (AN, chiite), à la liste laïque Iraqiya et au Bloc kurde. Selon M. Assadi, il devrait en outre être composé de 38 ministres et secrétaires d'État, soit sensiblement le même nombre que le gouvernement précédent. L'Alliance nationale (AN, regroupement des formations religieuses chiites dont celle de M. Maliki), qui occupe 159 des 325 sièges du Parlement, aura 17 ministères et secrétariats d'État sur un total de 42. La liste Iraqiya de l'ancien chef du gouvernement Iyad Allaoui (91 députés) en aura neuf, les partis kurdes, qui disposent de 57 sièges, en auront sept, Wassat qui regroupe des sunnites et des laïques (10 députés) n'aura droit qu'à un ministre, tout comme les minorités (8 sièges), a précisé M. Assadi.
Dans un entretien au quotidien officiel as-Sabah, le député Hassan Sineid, également proche de M. Maliki, affirme que l'AN sera en charge du Pétrole, de la Justice, des Ressources hydrauliques, des Transports. Les ministères des Finances, de l'Éducation, de l'Électricité, de l'Industrie et de l'Agriculture devraient tomber dans l'escarcelle d'Iraqiya, selon lui. Les Kurdes devraient garder les Affaires étrangères et prendre aussi la Santé et le Commerce, Wassat s'accomodera des Sciences et Technologie, et un chrétien devrait s'occuper de l'Environnement. « Tout ceci est provisoire et peut changer jusqu'à la dernière minute », a averti le conseiller de M. Maliki, alors que les tractations ont duré neuf mois après les élections législatives, qui n'ont pas désigné de vainqueur clair.
Les deux principaux rivaux, MM. Maliki et Allaoui, se sont rencontrés samedi pour la seconde fois en une semaine. « Nous nous sommes concentrés sur les moyens de construire un État moderne, et il y a un accord entre nous », a affirmé M. Maliki. « La principale question que nous avons abordée est la manière de construire l'État. Nous avons également discuté de la formation du gouvernement », a dit pour sa part M. Allaoui, qui a confirmé hier sa participation au nouveau gouvernement.

