Les Iraniens se ruent déjà sur les produits de base de crainte d’une flambée soudaine des prix, en dépit des assurances du gouvernement. Atta Kenare/AFP
Hier, des policiers étaient présents autour des stations d'essence pour éviter d'éventuelles violences comme cela avait été le cas en juin 2007 lors de l'annonce de quotas d'essence. Mais aucun incident n'a été signalé et la circulation était à son niveau habituel. Samedi soir, le président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé lors d'une intervention télévisée la mise en œuvre du plan, qualifié de « chirurgie économique », en soulignant qu'il s'agissait du « plus grand et plus populaire plan économique du pays ».
Le gouvernement, qui a préparé l'opinion depuis plusieurs mois, a décidé d'appliquer ce plan pour rendre réels les prix des produits de première nécessité, malgré les mises en garde d'une partie des conservateurs contre les effets inflationnistes, l'augmentation du chômage et le risque d'éventuels troubles sociaux. Mais hier, le président conservateur du Parlement, Ali Larijani, qui a multiplié les critiques contre M. Ahmadinejad ces derniers mois, a déclaré que « l'application du plan avait besoin d'une volonté nationale et de la coopération de tous », selon l'agence IRNA. Avec ce plan, le prix de l'essence subventionnée est multiplié par 4 et celui de l'essence non subventionnée augmente de 75 %.
Le gouvernement a précisé que le tarif du pain n'allait pas « augmenter pour le moment », mais une hausse pourrait intervenir dans les prochaines semaines. Les prix de l'électricité, de l'eau et du gaz vont, de leur côté, être multipliés entre trois et cinq, selon un système par palier tenant compte de la consommation des ménages. « Ceux qui consommeront moins dépenseront moins », a déclaré Mohammad Reza Farzin, porte-parole du plan.
Les subventions directes coûtent à l'État quelque 100 milliards de dollars par an, selon les estimations officielles. Hier, 175 députés sur un total de 290 ont remercié dans une lettre le président pour ce plan. « L'application de cette loi, alors que les ennemis de la Révolution essaient de montrer que les sanctions (internationales) ont perturbé l'économie, prouve la stabilité économique » du pays, ont écrit les parlementaires. Le principal quotidien économique Donaye Eghtessad a salué également ces mesures, dans un éditorial intitulé « Libération de la drogue protectionniste ».
Le gouvernement a pris des mesures depuis plusieurs semaines pour éviter tout dérapage des prix. Et pour compenser la hausse des tarifs, il a reversé une partie des économies attendues sous forme d'aide directe à la population. Selon les chiffres officiels, quelque 60,5 millions d'Iraniens (sur 74 millions) reçoivent tous les deux mois 890 000 rials (89 dollars) sur leur compte bancaire, ce qui représente 2,5 milliards de dollars par mois pour le budget de l'État.

