"Procédons à un échange de vues directes (avec la Turquie). Faisons part directement de nos revendications et de nos inquiétudes", a-t-il dit au journal Hürriyet.
La Turquie refuse tout contact direct avec la République de Chypre qu'elle ne reconnaît pas et qui ne représente que les Chypriotes-grecs, la communauté turque vivant dans le nord, en République turque de Chypre du nord (RTCN), où Ankara a déployé des milliers de soldats.
"Nous savons que la Turquie est opposée à des pourparlers officiels, mais nous pouvons nous rencontrer dans le cadre d'un format non officiel", a estimé le ministre.
Ankara a proposé des rencontres à quatre (Grèce, Turquie et les deux communautés de Chypre) mais Athènes et les Chypriotes-grecs n'y semblent pas enclins.
Interrogé sur le processus de négociations en cours entre Chypriotes grecs et turcs, sous l'égide de l'Onu, M. Kyprianou a affirmé qu'"il existe un bon potentiel pour une solution", tout en déplorant une perte de dynamisme.
Les discussions inter-chypriotes n'ont jusqu'à présent donné aucun résultat probant. Ce manque de résultat a suscité une certaine impatience à l'ONU qui a menacé de revoir son rôle dans ces discussions.
Chypre est divisée depuis 1974, lorsque la Turquie a envahi le nord de l'île à la suite d'un coup d'Etat fomenté par des nationalistes chypriotes-grecs et visant à rattacher le pays à la Grèce.
La République de Chypre est internationalement reconnue tandis que la RTCN est uniquement reconnue par Ankara.
Ce différend entrave l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, dont fait partie Chypre, et empoisonne une normalisation des rapports entre l'UE et l'Otan, dont la Turquie fait partie.


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