Le programme « pétrole contre nourriture » avait été établi par le Conseil de sécurité en 1995. En vigueur de 1996 à 2003, il permettait à Bagdad de vendre du pétrole en échange d'aide humanitaire alors que l'Irak était soumis à un embargo après son invasion du Koweït en 1990. Ce programme était en pratique terminé depuis le 31 décembre 2007, mais une question résiduelle, liée à d'ultimes contrats passés sous ce régime, demeurait. Lors du vote, la France s'est abstenue sur cette résolution, estimant que toutes les garanties souhaitables n'avaient pas été apportées. Les deux autres résolutions ont été adoptées à l'unanimité.
S'agissant des armes de destruction massive (AMD), la résolution de 1991 obligeait l'Irak à détruire toutes ses AMD et à ne pas utiliser, développer, fabriquer et acquérir des armes chimiques, biologiques ou nucléaires. La troisième résolution (1905) concernait le Fonds de développement pour l'Irak (FDI), dépositaire des recettes pétrolières du pays et qui a pour mission d'aider le gouvernement à gérer ses ressources de manière transparente et responsable. Cette résolution prévoyait l'expiration du FDI au 31 décembre 2010. Le gouvernement irakien avait adressé au Conseil une demande de prorogation d'un an. Ce dernier a décidé d'un ultime renouvellement pour six mois.
Le vice-président américain Joe Biden, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil pour le mois de décembre, a déclaré que le peuple irakien avait « rejeté l'avenir sinistre offert par les extrémistes » et indiqué que le nombre d'attentats dans le pays était maintenant à son plus bas niveau depuis l'invasion américaine en 2003. « Le Conseil de sécurité réaffirme son attachement à l'indépendance, la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale de l'Irak et souligne l'importance de la stabilité et de la sécurité de ce pays pour le peuple irakien, la région et la communauté internationale », a souligné M. Biden.
Les résolutions d'hier n'ont pas trait aux relations entre l'Irak et le Koweït. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souligné que toutes les sanctions qui demeurent seraient levées à la condition que l'Irak s'efforce de parvenir à un accord sur le tracé de la frontière avec son voisin ainsi que de lui verser des réparations. Bagdad paye encore 5 % de ses revenus pétroliers à un fonds de compensation pour le Koweït qui lui réclame 22 milliards de dollars. Le ministre des Affaires étrangères irakien Hoshyar Zebari a souligné que la normalisation des relations avec le Koweït serait « la priorité du programme » du nouveau gouvernement irakien.
M. Ban a reconnu les changements intervenus en Irak. « Vous avez trop souffert et trop longtemps, je rends hommage à votre résilience », a dit M. Ban dans un message adressé au « peuple irakien ».

