Le Hamas a organisé hier un rassemblement à Gaza pour marquer le 23e anniversaire du mouvement.Suhaib Salem/Reuters
« Comme nous nous y attendions, il y a eu de très nombreuses difficultés, des obstacles et des revers », a reconnu M. Mitchell alors que les États-Unis ont échoué à obtenir d'Israël un nouveau gel de la colonisation, réclamé par les Palestiniens pour renouer le dialogue. « Mais nous sommes déterminés à persévérer jusqu'à ce que nous parvenions à la conclusion que nous voulons tous : un État indépendant et viable de Palestine vivant côte à côte en paix avec Israël », a affirmé M. Mitchell, qui a qualifié la rencontre de « longue et fructueuse ».
Face à la déconfiture diplomatique américaine, Mme Clinton a proposé de reprendre des négociations « indirectes » pour sortir le processus de paix de l'impasse, exhortant les deux parties à s'attaquer « sans retard » aux questions de fond. Toutefois, selon un responsable palestinien, le président Abbas a réclamé, dans un message transmis à Mme Clinton, « des garanties américaines et des réponses à des demandes d'explication sur toutes éventuelles négociations, directes ou indirectes ».
Parmi ces garanties figure « un arrêt total de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est », dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur État. « Faute d'accord sur ces références ou de reconnaissance par l'administration d'un État palestinien, il a demandé à l'administration américaine de ne pas faire obstruction à ce que les Palestiniens aillent devant le Conseil de sécurité ou l'Assemblée générale de l'ONU », a souligné ce responsable.
Le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina, a indiqué que « M. Mitchell nous a apporté certaines idées américaines », sans autre précision.
« Nous attendrons que le comité de suivi de la Ligue arabe en discute (mercredi) et décide, d'autant plus que la partie israélienne n'a pas encore fait connaître sa position sur les idées américaines », a ajouté M. Abou Roudeina.
Le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, a précisé, de son côté, que les « idées » de M. Mitchell étaient identiques à celles présentées par Mme Clinton le week-end dernier, accueillies très fraîchement par les dirigeants palestiniens.
M. Mitchell devrait visiter aujourd'hui la capitale égyptienne pour y rencontrer le chef de la Ligue arabe Amr Moussa.
À Gaza, le mouvement islamiste Hamas au pouvoir, qui fêtait mardi son 23e anniversaire, a mis en garde contre « un retour au labyrinthe des négociations ». Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a déclaré que son mouvement, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007, ne reconnaîtrait jamais Israël. Il a également estimé que l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) avait commis « une erreur historique » en reconnaissant l'État hébreu. « Nous l'avions dit il y a cinq ans et nous le redisons aujourd'hui (...), nous ne reconnaîtrons jamais, je dis bien jamais, Israël », a-t-il dit devant une foule estimée à 250 000 personnes par les organisateurs.
En novembre, Ismaïl Haniyeh avait fait naître des spéculations en déclarant que le Hamas, dont la charte prône la destruction de l'État juif, pourrait accepter un référendum sur un traité de paix prévoyant la création d'un État palestinien indépendant sur des terres conquises par Israël lors de la guerre de 1967.
Semblable accord, a prévenu hier M. Haniyeh, ne comportera « aucune reconnaissance d'Israël et aucune concession concernant une quelconque portion de la terre de Palestine ».

