Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Italie

Victoire à la Pyrrhus de Berlusconi

Silvio Berlusconi a obtenu hier sur le fil du rasoir la confiance du Parlement. Si le Cavaliere ne chute pas, il se retrouve néanmoins à la tête d'une coalition affaiblie et paralysée. Avec seulement trois votes d'avance, le chef du gouvernement risque en effet d'être mis en minorité à tout moment. Le vote a en outre été suivi à Rome par de violents heurts entre jeunes manifestants et policiers.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a remporté hier sur le fil du rasoir la confiance du Parlement, avec une très courte majorité à la Chambre des députés qui lui évite la chute, mais va rendre difficile l'action gouvernementale. Une motion de censure a été rejetée par 314 voix contre 311 et deux abstentions, alors que le Cavaliere avait en revanche facilement remporté quelques heures plus tôt un vote de confiance à la Chambre haute par 162 voix favorables sur 308, grâce à l'appui de son allié, la Ligue du Nord.
« Je vais en Europe beaucoup plus fort », a réagi Silvio Berlusconi en évoquant un sommet européen prévu à Bruxelles, jeudi et vendredi, tout en assurant « avoir été serein, comme toujours », en dépit de l'incertitude qui pesait sur l'issue du vote.
Pour le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, un des poids lourds de la Ligue du Nord, le grand allié de Berlusconi, le chef du gouvernement « doit élargir sa majorité (...) sinon il vaut mieux aller aux urnes » plutôt que de gouverner avec une majorité aussi instable. Son homologue aux Affaires étrangères, Franco Frattini, proche du Cavaliere, a appelé à l'entrée des centristes de l'UDC dans le gouvernement.
De son côté, Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés, qui a rompu avec le Cavaliere depuis cet été et avait appelé ses partisans à voter la censure, a reconnu avoir échoué. « Mais il sera évident dans quelques semaines que Berlusconi ne peut pas dire qu'il a gagné du point de vue politique », a-t-il estimé, à propos de la marge de manœuvre très étroite du gouvernement. Berlusconi se retrouve en effet à la tête d'une coalition affaiblie et paralysée, estiment les experts politiques, qui jugent inéluctables des élections anticipées au printemps. « C'est une victoire, mais selon moi, c'est une victoire qui ne garantit pas à Berlusconi un avenir », estime Giacomo Marramao, professeur de philosophie politique à l'Université de Rome III, dans un entretien avec l'AFP. « Avec seulement trois votes d'avance, il risque d'être mis en minorité à tout moment. Le gouvernement n'a plus de majorité solide sur laquelle compter », explique-t-il. Même son de cloche chez Franco Pavoncello : « C'est un vote qui ne résout pas grand-chose pour Berlusconi. » Ce professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Rome va encore plus loin : « Il aurait peut-être mieux valu qu'il perde, car alors il aurait pu dire qu'il allait aux urnes parce qu'il avait été trahi » par son ex-allié Gianfranco Fini et ses partisans.
Ces dernières semaines, le gouvernement a d'ailleurs déjà été mis en minorité à de nombreuses reprises sur des projets de lois, dont la réforme de l'université ou le fédéralisme fiscal. Et Berlusconi a d'autres projets en cours d'élaboration, dont une réforme de la justice, controversée, à laquelle il est très attaché. « Rien ne change, le gouvernement ne s'en sortira pas et la crise n'en est que plus aiguë », a pronostiqué M. Bersani en ajoutant qu' « il y a un pays qui veut changer, qui est fatigué », faisant allusion aux dizaines de milliers de jeunes qui manifestaient dans toute l'Italie contre un projet gouvernemental de réforme des universités.

Manifestations violentes
Le scrutin du Parlement s'est déroulé dans une capitale quadrillée par des policiers et des carabiniers en tenue antiémeute qui ont chargé à plusieurs reprises et répliqué avec des gaz lacrymogènes aux jets de pierres, de pétards et d'œufs des étudiants. Au moins six jeunes ont été interpellés et une vingtaine ont été blessés.
Pour les commentateurs, le vote du Parlement marquera quoi qu'il en soit la fin d'un chapitre de l'histoire politique de la péninsule. Pour l'éditorialiste du Corriere della Sera, Massimo Franco, « une certaine droite a pris fin aujourd'hui ».
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a remporté hier sur le fil du rasoir la confiance du Parlement, avec une très courte majorité à la Chambre des députés qui lui évite la chute, mais va rendre difficile l'action gouvernementale. Une motion de censure a été rejetée par 314 voix contre 311 et deux abstentions, alors que le Cavaliere avait en revanche facilement remporté quelques heures plus tôt un vote de confiance à la Chambre haute par 162 voix favorables sur 308, grâce à l'appui de son allié, la Ligue du Nord.« Je vais en Europe beaucoup plus fort », a réagi Silvio Berlusconi en évoquant un sommet européen prévu à Bruxelles, jeudi et vendredi, tout en...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut