La voiture du prince Charles et de son épouse a été maculée de peinture blanche. Terry Stephens/AFP
Il n'empêche, les incidents impliquant des membres de la famille royale se comptent sur les doigts de la main, et les médias s'en émeuvent. Les chroniqueurs du palais rappelaient hier le plus tragique, l'assassinat de lord Mountbatten par l'IRA en 1979, et le plus cocasse, l'intrusion d'un badaud dans la chambre de la reine au palais de Buckingham en 1982.
Le n° 1 de Scotland Yard, sir Paul Stephenson, a annoncé « une enquête très approfondie » après « l'assaut sur la capitale » pour reprendre l'expression du Times. Il a loué le professionnalisme de ses hommes face aux violences « d'une minorité » de manifestants qui protestaient contre l'augmentation des droits universitaires. Il a aussi salué « la grande retenue » dont ont fait preuve les policiers armés chargés de la protection des royaux.
Mais lui-même se retrouve au banc des accusés. « Comment la police a-t-elle pu encore se fourvoyer ainsi ? » s'interroge le Daily Telegraph. C'est que depuis le début des manifestations estudiantines, début novembre, la police a souvent paru débordée. Ce fut le cas quand des casseurs ont envahi et partiellement saccagé le hall de la tour abritant le siège du Parti conservateur à Londres, début novembre. Hier, les médias relevaient le bilan particulièrement lourd, 43 manifestants et 12 policiers blessés. Il a amené les leaders estudiantins à dénoncer « les violences policières ».
La presse s'interroge aussi sur l'origine des casseurs, dont certains étaient masqués et équipés de boucliers improvisés. Quelques drapeaux rouges semblent désigner des groupuscules anarchistes. Enfin, elle découvre avec étonnement ces « enfants de la génération Thatcher » qui n'hésitent pas à descendre dans la rue, 20 ans après le règne de la « dame de fer » qui a rendu rarissime l'exercice du droit de grève.
Pendant ce temps, des employés municipaux s'employaient à effacer les stigmates des affrontements de la veille. Les manifestants ont attaqué à coup de barres de fer et de parpaings les bâtiments du Trésor public et de la Cour suprême couverts de graffitis, et ont fait irruption dans la salle des peintres impressionnistes de la National Gallery. Ils ont mis le feu au sapin de Noël géant sur Trafalgar Square et couvert de slogans la statue de Winston Churchill, qui fait face au Parlement où les députés ont finalement voté jeudi la loi sur la hausse des droits universitaires.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine