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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Le comité Nobel tente d’apaiser la colère de Pékin

Vingt pays, parmi lesquels la Russie et l'Iran, boycotteront aujourd'hui la remise officielle du prix Nobel de la paix au dissident chinois Liu Xiaobo.
Le comité Nobel a tenté d'apaiser le courroux de Pékin hier, à la veille de la remise officielle du prix Nobel de la paix 2010 qui a été attribué au dissident chinois Liu Xiaobo, toujours emprisonné dans son pays. « Ce n'est pas un prix contre la Chine. C'est un prix qui honore la population chinoise », a déclaré le président du comité, Thorbjoern Jagland, au cours d'une conférence de presse.
Deux mois après l'attribution du Nobel, la fureur de Pékin n'est pas encore retombée : après avoir traité les membres du comité de « clowns », les autorités chinoises se sont de nouveau targuées hier du soutien de « l'écrasante majorité des gens dans le monde ». « Ces gens du comité Nobel doivent admettre qu'ils sont minoritaires », a affirmé la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mme Jiang Yu.
Condamné fin décembre 2009 à 11 ans de prison pour « subversion du pouvoir de l'État » après avoir corédigé la « Charte 08 », un texte qui réclame une démocratisation de la Chine, Liu Xiaobo, 54 ans, ne pourra pas venir à Oslo recevoir son prix. En 109 ans d'histoire du Nobel de la paix, c'est la deuxième fois que le prix ne peut être remis au lauréat ou à un représentant. Sous l'Allemagne nazie, le pacifiste Carl von Ossietzky, récompensé en 1936 pour l'année 1935, n'avait pu recueillir son Nobel en 1936 car il était détenu dans un camp de concentration.
Refusant de la comparer à l'Allemagne d'Adolf Hitler, M. Jagland a estimé qu'à la lumière de son rôle grandissant, la Chine, deuxième puissance économique de la planète, devait accepter la critique. « La Chine est maintenant un gros acteur très important sur la scène mondiale et la Chine devrait s'habituer à être débattue et critiquée », a-t-il affirmé.
En coulisses, le géant asiatique a essayé de limiter l'impact de la cérémonie : il a demandé aux autres pays de boycotter l'événement et menacé de « conséquences » les États qui soutiendraient Liu Xiaobo. Vingt pays, dont la Russie, Cuba, l'Irak, l'Iran, le Venezuela et l'Afghanistan, ont décliné l'invitation de l'Institut Nobel, certains, comme la Serbie, invoquant la nécessité de préserver leurs liens avec la Chine. Les 45 autres à avoir été invités ont confirmé leur participation. La liste comprend les membres de l'Union européenne, les États-Unis, mais aussi le Japon, l'Inde, le Brésil ou encore la Corée du Sud. « Nous sommes très heureux que deux tiers des ambassades à Oslo assisteront » à la cérémonie, a commenté M. Jagland. En Chine, où l'attribution du Nobel avait été passée sous silence en octobre, les sites Internet de plusieurs médias étrangers, comme la BBC ou CNN, étaient de nouveau bloqués hier.
Après le Nobel, les autorités ont durci leur attitude vis-à-vis des dissidents et tout fait pour les empêcher de se rendre à Oslo. « Sur le court terme, on voit que la situation pour les défenseurs des droits de l'homme a empiré mais sur le long terme, je pense que (le prix) aura l'effet inverse », a estimé M. Jagland.
Hier, en réponse à l'appel d'Amnesty International, une centaine de personnes ont manifesté devant l'ambassade de Chine à Oslo pour réclamer la libération de Liu Xiaobo et tenter de remettre une pétition de soutien qui a reçu près de 100 000 signatures selon l'ONG.
Le comité Nobel a tenté d'apaiser le courroux de Pékin hier, à la veille de la remise officielle du prix Nobel de la paix 2010 qui a été attribué au dissident chinois Liu Xiaobo, toujours emprisonné dans son pays. « Ce n'est pas un prix contre la Chine. C'est un prix qui honore la population chinoise », a déclaré le président du comité, Thorbjoern Jagland, au cours d'une conférence de presse.Deux mois après l'attribution du Nobel, la fureur de Pékin n'est pas encore retombée : après avoir traité les membres du comité de « clowns », les autorités chinoises se sont de nouveau targuées hier du soutien de « l'écrasante...
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