Pire, l'ex-leader, désormais dépassé par Arsenal et Manchester United, n'a affronté aucun cador pendant cette calamiteuse période, mais la plupart du temps des équipes de deuxième zone à qui on n'aurait pas donné une chance sur mille un mois avant, comme Sunderland, vainqueur 3 à 0 à Stamford Bridge.
Les choses vont se corser à partir du week-end prochain avec un court déplacement à Tottenham suivi de la réception des « Red Devils » et d'un autre derby à haut risque chez les « Gunners ». Un tournant avant lequel les champions d'Angleterre doivent absolument retrouver leur football.
Car ce n'est que le fantôme de l'équipe triomphante du début de saison qui a traversé les dernières semaines, surtout dans le secteur offensif. Alors qu'elle carburait à 2,7 buts par match lors des dix premières journées, l'attaque bleue est tombée à la moyenne dérisoire de 0,5 lors des six dernières rencontres.
Didier Drogba n'a marqué qu'une fois - sur penalty - depuis début octobre, Florent Malouda, longtemps meilleur buteur de Premier League, est muet depuis sept matches et Nicolas Anelka n'a inscrit qu'un but lors des 14 dernières journées.
Il y a dix ans, la crise s'était soldée par le remplacement de l'entraîneur Gianluca Vialli par Claudio Ranieri. Pour le moment, leur compatriote Carlo Ancelotti affirme que son départ n'est pas à l'ordre du jour.
Il est vrai que l'Italien a de nombreuses circonstances atténuantes à faire valoir, au premier rang desquelles une litanie d'indisponibilités.
Frank Lampard n'est toujours pas revenu à la compétition plus de trois mois après avoir été opéré d'une hernie, Didier Drogba a été mis sur le flanc pendant plusieurs semaines par une crise de malaria, John Terry est toujours agacé par une lancinante douleur à une cuisse, Alex joue dans l'attente d'une opération au genou et Michael Essien a manqué trois matches à cause d'un carton rouge. Et on ne cite que les absences les plus préjudiciables.
Évitant de se cacher derrière la faute à pas de chance, Ancelotti a avoué son « inquiétude » après la dernière contre-performance du week-end à domicile contre Everton (1-1) qui l'a laissé « déçu et fâché ». « Il faudra faire mieux au jour le jour à l'entraînement », a-t-il admis.
Le patron Roman Abramovich devra peut-être investir au mercato d'hiver pour étoffer le groupe. Car si le onze idéal de Chelsea est peut-être le meilleur d'Angleterre, le relatif manque de profondeur de l'effectif n'a pas permis de faire face efficacement aux blessures.
Il devra aussi se demander s'il a fait le bon choix en se séparant de l'entraîneur-adjoint Ray Wilkins, personnalité très respectée dont le limogeage a laissé les commentateurs perplexes.
Coïncidence ou pas, lorsqu'il a été remercié sans explication mi-novembre, le club était seul en tête avec quatre points d'avance. Il est aujourd'hui troisième, avec deux points de retard.

