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Liban - Réactions

Entre les deux camps, c’est toujours le dialogue de sourds

L'impasse reste totale dans les prises de position enregistrées dans les deux camps en présence au cours du week-end au sujet de la crise politique que traverse le pays.

Dans les milieux haririens, le député Mohammad Hajjar (Chouf) s'est livré hier à une rétrospective chronologique des attaques du Hezbollah contre le TSL et des développements des derniers mois à ce sujet.
« Quel est aujourd'hui le bilan de tout ce qui s'est passé ? » s'est interrogé M. Hajjar. « Le TSL est toujours là, l'acte d'accusation ne peut être ni ajourné ni amendé, et il paraîtra à la date voulue et avec la teneur que seul (le procureur Daniel) Bellemare connaît. »
« En ce sens, le Hezbollah n'a pas réussi à atteindre ses objectifs, puisque rien n'a changé. Peut-on en conclure que nous avons remporté une victoire ? Oui. Mais une victoire pour quoi faire, puisque les institutions ont été paralysées, le Conseil des ministres mis en panne et le dialogue gelé ? » s'est-il demandé.
« Le pays vit dans un climat de tension et les gens ont peur pour leur avenir. Le Hezbollah a échoué dans sa bataille et aujourd'hui, bien qu'il ne veuille pas le reconnaître, nous sommes entrés dans la phase de l'après-acte d'accusation », a-t-il ajouté.
Son collègue Ziad Kadri (Békaa-Ouest) a accusé le camp du 8 Mars de « s'employer une nouvelle fois à violer la Constitution ». Pour M. Kadri, l'ex-opposition « porte atteinte, en effet, aux prérogatives du président de la République et du Premier ministre en cherchant à leur imposer l'ordre du jour du Conseil des ministres ».
« Le 8 Mars n'a trouvé aucun moyen de s'en prendre aux forces extérieures qu'il soupçonne de lui tendre un piège. Il s'est alors retourné contre les Libanais pour faire pression sur eux et les accuser de collusion avec Israël et les États-Unis », a-t-il déploré.
Au sein du 8 Mars, le ministre d'État Youssef Saadé, proche du chef des Marada, Sleimane Frangié, a affirmé que l'ex-opposition « ne souhaite pas la suppression du TSL, mais seulement le rejet des effets de l'acte d'accusation, dans le souci de protéger le pays ».
« Il faut encourager le Premier ministre, Saad Hariri, à prendre une position affirmative, courageuse et historique (...) qui devra précéder l'acte d'accusation et non le suivre », a ajouté M. Saadé.
Allant plus ou moins dans le même sens, le député Talal Arslane a affirmé craindre « les effets du gel des activités du Conseil des ministres sur la légitimité du gouvernement et sur le maintien de l'unité nationale », mais il en a implicitement imputé la responsabilité au camp du Premier ministre. « Nous souhaitons que le chef du gouvernement ne tombe pas dans le piège consistant à perdre du temps. Il lui faut accourir pour consolider la légitimité du cabinet en montrant que ce dernier ne néglige pas ses devoirs et ses priorités », a-t-il dit, soulignant qu'en tête des priorités « vient la demande juste du transfert du dossier des faux témoins à la Cour de justice ».
Représentant le président de la Chambre, Nabih Berry, au cours d'une inauguration à Ghaziyé, le président du Conseil du Sud, Kabalan Kabalan, a estimé que « pour connaître les assassins de Rafic Hariri, il faudrait traiter au préalable les sujets de confusion qui ont accompagné l'enquête dès le début ».
« La clé de la solution se trouve dans le jugement des faux témoins », a-t-il dit, avant d'ajouter : « Nul ne devrait avoir peur de juger ces derniers qui, consciemment ou pas, rendent service au projet américano-israélien ».
Au centre, le ministre d'État Waël Bou Faour s'est fait l'écho du chef du PSP, Walid Joumblatt, et a indiqué que ce dernier appelle toutes les forces politiques à élaborer « un compromis clair et profond traitant toutes les blessures et les divisions occasionnées ces cinq ou six dernières années ».
« Depuis 2005 et jusqu'à cet instant, nous vivons une phase politique au cours de laquelle l'un des deux camps en présence s'est retrouvé constamment dans l'impossibilité de pouvoir tenir les rênes du gouvernement, et l'autre dans l'impossibilité de retourner la situation en sa faveur », a noté M. Bou Faour.
« Nous sommes parvenus à la parité négative entre les deux camps, de sorte qu'aucun des deux n'est en mesure de changer l'équation. La question qui se pose est de savoir si nous pouvons transformer cette parité négative en parité positive par une entente nationale interlibanaise », a-t-il ajouté.

Murr rompt le silence
Le centre, c'est aussi le député Michel Murr qui a tenu hier une conférence de presse rompant un long silence. Officiellement, la conférence de presse a été convoquée pour parler d'un litige local opposant les municipalités de Mtein et de Bteghrine. Mais l'ancien vice-Premier ministre a saisi l'occasion pour se prononcer sur la crise politique qui divise le pays et il l'a fait dans un sens confirmant sa réorientation entamée avant les élections législatives de 2009.
« Qui sont donc ces faux témoins ? Comment peut-on à ce stade les connaître autrement que par les médias ? » s'est-il interrogé. « Nous les connaîtrons après l'annonce de l'acte d'accusation. C'est alors qu'il sera possible de les déférer devant la justice », a-t-il dit. « Quant à saboter l'État et paralyser le pays à cause de cette affaire, cela est inacceptable », a-t-il ajouté, tout en soulignant que le président de la Chambre reste « une soupape de sécurité » et en souhaitant le succès des efforts syro-saoudiens.
« Le TSL fait son travail parce qu'il y a eu des martyrs qui sont tombés », a encore dit M. Murr. « Ce qui est demandé, c'est la justice et la stabilité à la fois. »
Dans les milieux haririens, le député Mohammad Hajjar (Chouf) s'est livré hier à une rétrospective chronologique des attaques du Hezbollah contre le TSL et des développements des derniers mois à ce sujet.« Quel est aujourd'hui le bilan de tout ce qui s'est passé ? » s'est interrogé M. Hajjar. « Le TSL est toujours là, l'acte d'accusation ne peut être ni ajourné ni amendé, et il paraîtra à la date voulue et avec la teneur que seul (le procureur Daniel) Bellemare connaît. »« En ce sens, le Hezbollah n'a pas réussi à atteindre ses objectifs, puisque rien n'a changé. Peut-on en conclure que nous avons remporté une victoire ? Oui. Mais une victoire pour...
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