Le PND a raflé 209 des 221 sièges pourvus au premier tour (sur 508 en lice au total), soit 94,5 %. Les islamistes, bredouilles, ne se trouvaient en ballottage que pour 27 sièges, tandis que le Wafd (six députés dans l'Assemblée sortante) a remporté deux sièges et une poignée de ballottages possibles.
Pour le centre de recherche américain Carnegie, le paysage politique laissé par le scrutin est « frustrant », alors que le pays doit connaître dans un an une élection présidentielle dans un climat d'incertitude sur la succession possible de M. Moubarak, 82 ans. « Il est clair que les citoyens égyptiens auront une Assemblée du peuple contrôlée par le PND pendant les cinq prochaines années », affirme le centre dans une analyse. Ces élections, « en unifiant presque complètement les branches législative et exécutive, ne feront qu'aggraver les problèmes actuels de la politique égyptienne », ajoute-t-il, en évoquant « la faiblesse de la branche législative et le déclin continu de son rôle de supervision ».
Hier, le quotidien indépendant al-Masri al-Yom en était réduit à espérer une opposition émanant du PND lui-même, faute d'une vraie opposition parlementaire. « Nous n'avons pas besoin d'attendre dimanche prochain (...) pour féliciter le PND d'avoir mis la main sur le nouveau Parlement tout entier », dit le journal d'un ton amer. « Notre ambition (...) a baissé, au point de chercher l'opposition, puis d'y compter, au sein du parti au pouvoir ! » ajoute-t-il.
La presse gouvernementale, elle, ne cache pas sa satisfaction après la défaite des Frères musulmans. Qualifiant leur déroute de « méritée », le quotidien al-Akhbar juge que le retrait des Frères « fera du bien à la vie politique en Égypte et à son Parlement ». « On n'aurait jamais dû permettre à une organisation interdite par la loi de participer à des élections en présentant ses membres sous le masque d'indépendants », poursuit-il.
Officiellement interdite, la confrérie islamiste est relativement tolérée dans les faits, bien que ses membres fassent régulièrement l'objet d'arrestations. Elle présente ses candidats sous l'étiquette d'indépendants.

