« Nous souhaitons que l'Iran fasse enfin le choix du dialogue et de la coopération, c'est-à-dire respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies » lui demandant l'arrêt de ses activités d'enrichissement d'uranium, a déclaré de son côté le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero.
L'Iran, qui a fait l'objet de nouvelles sanctions de l'ONU en juin, continue de nier que son programme ait des visées militaires. Et jeudi, il a élevé le ton contre l'Occident, jugé responsable des attentats visant des scientifiques iraniens, et réaffirmé qu'il n'était pas prêt à des « concessions ». Les discussions prévues lundi et mardi à Genève interviennent après un an d'interruption. Elles mettront face à face l'Iran et les Six, ou « 5+1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU : États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne).
Hillary Clinton est à Bahreïn pour intervenir devant le Dialogue de Manama, un forum sur la sécurité régionale réunissant les responsables de quelque 25 pays. Elle y retrouvera des dirigeants cités dans les câbles américains dévoilés par le site WikiLeaks, des documents qui jettent une lumière crue sur la perception de l'Iran par ses voisins.
Dans l'un d'eux, on apprend que le roi Abdallah d'Arabie saoudite a demandé aux États-Unis de « couper la tête du serpent ». Dans un autre, le roi Hamad ben Issa al-Khalifa de Bahreïn explique au général américain David Petraeus qu'il est moins risqué d'intervenir militairement en Iran que de laisser la République islamique poursuivre son programme nucléaire.
Questionné au côté de Mme Clinton, son homologue bahreïni Khaled ben Ahmad al-Khalifa a refusé de commenter le détail des câbles révélés, mais a assuré que « ce qui a été mentionné est, de fait, notre politique ». « Nous le disons en public et nous le disons en privé », a poursuivi cheikh Khaled : Bahreïn approuve le développement civil de l'énergie nucléaire, mais « nous ne pourrons jamais accepter dans cette région » la présence de la bombe atomique.
Mme Clinton a élargi son propos au nucléaire nord-coréen, qui fera également l'objet d'une réunion au sommet lundi, cette fois à Washington. « De la même façon que les voisins (dans le Golfe) se concentrent sur la quête de l'arme nucléaire par l'Iran, les voisins de l'Asie du Nord-Est sont tout aussi inquiets de ce que fait la Corée du Nord », a affirmé la chef de la diplomatie américaine. La possession par Téhéran et Pyongyang d'armes nucléaires en vue de « menacer et d'intimider leurs voisins et au-delà, a-t-elle ajouté, provoquera hélas une course à l'armement dans les deux régions ».

