"Sans aucun doute, nous utiliserons la force aérienne pour riposter", a répondu Kim Kwan-Jin à une question sur l'attitude à adopter en cas d'une nouvelle attaque, lors d'une séance au Parlement.
Séoul a répondu par des tirs d'obus aux bombardements de la Corée du Nord sur l'île de Yeonpyeong le 23 novembre. Cette attaque nord-coréenne avait fait quatre morts sud-coréens et provoqué un tollé international.
Le gouvernement avait dit alors ne pas avoir riposté par des frappes aériennes pour éviter l'escalade. Mais sa réponse militaire avait été vivement critiquée par une partie de la classe politique et de la presse, qui l'avaient jugée trop timorée.
Le ministre de la Défense avait alors démissionné et été remplacé par Kim Kwan-Ji, un ancien chef d'état-major des armées (2006-2008), réputé pour son sens du commandement et son expérience en stratégie militaire, après avoir servi quarante ans sous l'uniforme.
M. Kim a indiqué vendredi que le Sud exercerait son droit à l'autodéfense et "punirait l'agresseur sévèrement, jusqu'à ce que la source d'hostilité soit éliminée".
Le ministre a cependant jugé limitée la probabilité d'une véritable guerre entre les deux Corées, après la démonstration de force que viennent d'effectuer les armées sud-coréenne et américaine, lors de manoeuvres militaires conjointes, et en raison des difficultés intérieures de la Corée du Nord.
"Grâce aux forces combinées de Corée du Sud et des Etats-Unis, nous surveillons avec attention tout signe de possible provocation du Nord et nous sommes confiants dans nos moyens pour limiter et empêcher toute provocation", a assuré le ministre.
En Corée du Nord, les principales universités ont tenu ces derniers jours des "réunions de loyauté", a rapporté vendredi The Daily NK, un journal sur internet.
Lors de ces rassemblements, les étudiants promettent d'"aller au front sous la direction du Général (le dirigeant Kim Jong-Il) et du Jeune Capitaine (son fils et héritier présumé Kim Jong-Un) en cas de conflit avec la Corée du Sud et les Etats-Unis impérialistes", précise le journal.
A quelques centaines de kilomètres de la péninsule coréenne, le Japon et les Etats-Unis ont démarré vendredi les plus importantes manoeuvres militaires conjointes qu'ils aient jamais organisées.
Ces exercices, prévus avant le bombardement du 23 novembre, se déroulent principalement autour des îles japonaises de Shikoku, Kyushu et Okinawa (sud-ouest).
Les deux alliés ont invité pour la première fois des officiers sud-coréens à assister à l'événement, pour démontrer la solidarité entre les trois pays, ont précisé les autorités nippones.
Le Japon est en alerte depuis les tirs de la Corée du Nord voisine et ennemie. Il dépend de son allié américain pour sa capacité de dissuasion, les forces d'autodéfense nippones n'ayant pas le droit d'attaquer aux termes de la Constitution pacifiste du pays.

