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Mode - Anniversaire

Clauda, 90 ans déjà

Cette année 1920 où l'élégance européenne envahit les rues d'un Beyrouth placé sous protectorat français par le traité de Versailles, deux cousins, deux Georges, Gebeily et Bannout, ouvrent une boutique d'accessoires masculins à Souk el-Tawilé. Dans ce quartier qui est déjà le cœur battant de la capitale, les hommes affluent chez Gebeily et Bannout pour acheter des gants, cannes, chapeaux ou cravates, et se faire tailler des chemises et costumes sur-mesure. L'affaire gagnant en volume, les deux cousins déménagent leur boutique quelques arcades plus loin, rue Trablos, dans l'immeuble Damad qui vient d'être livré et qui abritera aussi les locaux du quotidien L'Orient. Cette boutique de 300 m2 arbore fièrement sa nouvelle enseigne : « Au Petit Louvre ». On y trouve des articles en provenance de toutes les grandes capitales du monde : Paris, Vienne, Berlin, New York. Le succès ne se dément pas et un nouvel agrandissement s'impose. Gebeily et Bannout décident alors de se séparer, Gebeily souhaitant avant l'heure se consacrer au prêt-à-porter féminin. Idée téméraire s'il en est à une époque où femmes et hommes en font encore confiance qu'à la confection. C'est ainsi que naît, à l'initiative de Georges Gebeily, la première enseigne Clauda. Un magasin qui attire d'emblée toute la clientèle huppée du Moyen-Orient. Toutes les élégantes de la région, Irakiennes, Palestiniennes, Égyptiennes, débarquent chez Clauda pour passer commande de leur garde-robe d'hiver, tandis que leurs maris retrouvent leurs quartiers en face, autour des tables du restaurant Ajami où ils refont le monde. Georges Gebeily et sa femme voyagent deux mois par an pour ramener ces collections attendues. Ils prennent le Champollion, le Queen Mary, effectuent de longues traversées en bateau et écument l'Europe pour satisfaire une clientèle qui le leur rend en fidélité. En 1965, après avoir pratiquement racheté la plus grande partie de l'espace commercial du rez-de-chaussée de l'immeuble Damad, les enfants de Georges Gebeily, Alexis et Gilbert, inaugurent le nouveau local de Clauda : 600 m2 décorés par Sami el-Khazen, l'architecte d'intérieur le plus lancé de l'époque. Tout cela sera évidemment vandalisé, pillé et détruit en 1975. Clauda déménage à Achrafieh, avenue de l'Indépendance, ouvre un local à Jounieh, et poursuit sa carrière contre vents et marées, en attendant des jours meilleurs. Une troisième boutique est ouverte à l'ABC, forte de marques à la fois classiques et intemporelles, telles que Weill, Devernois et Sprüng frères. Mais la boutique de Souk el-Tawilé attend son tour. Le célèbre immeuble Damad, classé au patrimoine de Beyrouth, sera bientôt restauré. Pour Clauda, qui a cumulé l'âge du Beyrouth moderne sans prendre une seule ride, c'est la promesse de 600 m2 dans le plus bel emplacement de la capitale. L'heure du come-back a bientôt sonné !
Cette année 1920 où l'élégance européenne envahit les rues d'un Beyrouth placé sous protectorat français par le traité de Versailles, deux cousins, deux Georges, Gebeily et Bannout, ouvrent une boutique d'accessoires masculins à Souk el-Tawilé. Dans ce quartier qui est déjà le cœur battant de la capitale, les hommes affluent chez Gebeily et Bannout pour acheter des gants, cannes, chapeaux ou cravates, et se faire tailler des chemises et costumes sur-mesure. L'affaire gagnant en volume, les deux cousins déménagent leur boutique quelques arcades plus loin, rue Trablos, dans l'immeuble Damad qui vient d'être livré et qui abritera aussi les locaux du quotidien L'Orient. Cette boutique de 300 m2 arbore fièrement sa...
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