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Moyen Orient et Monde - Suisse

Le vote sur le renvoi des étrangers, un casse-tête pour Berne

L'approbation par les Suisses d'un durcissement du renvoi des étrangers criminels réclamé par la droite populiste illustre la montée en puissance du parti UDC et place le gouvernement dans une position délicate face à un texte inapplicable en l'état, estimaient hier les experts.
En effet, les électeurs helvétiques ont approuvé à près de 53 % une nouvelle initiative du parti populiste UDC proposant une expulsion automatique à l'issue de leur peine des criminels étrangers sans prise en compte de la gravité des délits. Comme pour les minarets il y a un an, le vote approuvant un texte « anticonstitutionnel et contraire au droit international » a provoqué un tollé dans la presse étrangère, de nombreuses interrogations en Suisse et un rappel à l'ordre de Bruxelles.
« Nous prenons note des résultats d'hier, nous allons étudier comment ces résultats seront mis en œuvre en Suisse », a déclaré la porte-parole de la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, se disant confiante « que le gouvernement suisse continuera à respecter ses obligations des traités internationaux ». Plus direct, le président de l'exécutif européen, José Manuel Barroso, a « exprimé une crainte générale » face à une « poussée nationaliste, chauviniste, xénophobe, parfois même d'un populisme très très agressif » en Europe.
Reste que Berne se retrouve « pris en tenailles » entre un texte non applicable car contraire à la Constitution, au droit international mais aussi aux accords de libre circulation avec l'Union européenne et la nécessité de se conformer au vote populaire, relève le politologue Frédéric Esposito de l'Institut européen de Genève. L'expulsion automatique réclamée dans le vote n'est pas possible selon la Constitution helvétique qui impose le cas par cas. L'affaire montre en tout état de cause, selon l'expert, « les limites de l'exercice de la démocratie directe helvétique » et signe « un affaiblissement du gouvernement » dans le pays, mais aussi face à Bruxelles, alors que l'image de la Suisse, longtemps perçue comme un îlot de prospérité, ne cesse de se détériorer.
L'approbation par les Suisses d'un durcissement du renvoi des étrangers criminels réclamé par la droite populiste illustre la montée en puissance du parti UDC et place le gouvernement dans une position délicate face à un texte inapplicable en l'état, estimaient hier les experts.En effet, les électeurs helvétiques ont approuvé à près de 53 % une nouvelle initiative du parti populiste UDC proposant une expulsion automatique à l'issue de leur peine des criminels étrangers sans prise en compte de la gravité des délits. Comme pour les minarets il y a un an, le vote approuvant un texte « anticonstitutionnel et contraire au droit international » a provoqué un tollé dans la presse...
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