Le président du Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (GIEC), Rajendra Pachauri, a appelé les pays à « coopérer le plus rapidement possible » pour relever le défi du changement climatique et ses impacts inévitables. « Prendre du retard pour réduire les émissions de gaz à effet de serre n'entraînera que plus de coûts, de manière injuste pour certaines régions du monde », a-t-il déclaré.
À partir du 7 décembre, les négociateurs seront rejoints par les ministres de l'Environnement et/ou de l'Énergie de leur pays, chargés d'arbitrer et acter un certain nombre d'avancées. Ces discussions sont perçues par beaucoup comme celles de la dernière chance pour restaurer la confiance envers le long et complexe processus de négociation lancé par l'ONU, il y a 18 ans, afin de trouver une réponse au défi du changement climatique.
La conférence de Copenhague, il y a un an, a frôlé le fiasco et accouché d'un accord, conclu à la hâte par une vingtaine de chefs d'État, qui fixe comme objectif de limiter le réchauffement à 2 degrés, sans calendrier et en restant évasif sur les moyens d'y parvenir. « La leçon la plus importante peut-être de Copenhague, c'est qu'il n'y a pas d'accord miraculeux qui va résoudre le problème du changement climatique », a déclaré hier à la presse la responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres. L'ambition est désormais à Cancùn de « poser les fondations » d'une architecture efficace et d'aider les plus vulnérables à s'adapter aux impacts inévitables du changement climatique, a-t-elle réaffirmé. « La planète est généreuse, mais nous ne pouvons pas lui demander d'attendre plus longtemps », a-t-elle cependant ajouté, appelant les parties à faire preuve d' « engagement » et de « compromis ».
Pour l'ONG Greenpeace, même si « Cancùn n'accouche pas d'un accord global », « les gouvernements devraient prendre des décisions absolument cruciales sur des sujets clés comme le financement, les forêts, et devraient s'entendre sur le chemin à prendre pour résoudre, à terme, certaines des questions les plus difficiles ».
Des avancées sont présentées comme possibles sur des dossiers tels que la lutte contre la déforestation ou la création d'un Fonds vert, par lequel doit transiter une partie des 100 milliards de dollars par an promis d'ici à 2020 aux pays les plus pauvres. Même modeste, un accord n'est pourtant pas acquis à Cancùn.

