Choisi officiellement jeudi pour former un nouveau gouvernement, le Premier ministre irakien sortant Nouri al-Maliki a appelé à dépasser les querelles afin de sortir l’Irak de plus de huit mois de crise. Photo Reuters
Aussitôt après, M. Maliki a invité l'ensemble des forces politiques à présenter des candidats pour les différents ministères, soulignant qu'ils devaient être « intègres, expérimentés et loyaux ». « J'appelle la population, toutes les confessions et mes frères politiques à travailler dur pour dépasser toutes nos disputes et ouvrir une nouvelle page », a-t-il dit.
Le Premier ministre désigné a aussi exhorté les Irakiens à soutenir les forces de sécurité dans leur combat contre les insurgés dont les attaques continuent de tuer en Irak.
La nomination de M. Maliki a été annoncée au dernier jour du délai requis afin de lui donner le plus de temps possible pour trouver un accord sur la répartition des portefeuilles. Chaque bloc parlementaire a formé des commissions pour négocier les portefeuilles. Pour la répartition entre les différents groupes, des règles complexes ont été définies : chaque ministère et charge a une valeur en points selon son importance, et chaque groupe politique bénéficie d'un capital de points, en fonction de son score aux élections.
« Trente jours sont amplement suffisants pour former un gouvernement, a estimé le député kurde indépendant Mahmoud Othman. Cela fait maintenant près de neuf mois qu'ils négocient. » Après des mois de tractations infructueuses, les différentes listes ont finalement trouvé le 10 novembre un accord sur la distribution des plus hautes charges de l'État, qui a consacré leur répartition confessionnelle.
La présidence de la République est demeurée à un Kurde, la direction du gouvernement à un chiite et la minorité sunnite conserve la présidence du Parlement. Le principal rival de M. Maliki au poste de Premier ministre, le chiite Iyad Allaoui, à la tête d'une liste laïque massivement soutenue par les sunnites, héritera d'une instance dotée de pouvoirs exécutifs et créée pour lui.
La participation des sunnites au gouvernement est jugée cruciale pour éviter que l'Irak, dont l'économie peine à se relever de décennies de guerres et de sanctions, ne bascule à nouveau dans les violences confessionnelles.


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