À 13-14 ans, Tony Parker (à g.) disait déjà qu'il voulait être meilleur joueur des finales NBA./
Mercredi soir, quelques heures après que sa femme, l'actrice américaine Eva Longoria a entamé auprès d'un tribunal de Los Angeles la procédure de divorce, Parker terminait meilleur marqueur de son équipe, inscrivant 21 points lors de la victoire contre Chicago (103-94).
Épinglé pour son infidélité par la "desperate housewive", qu'il décrit sur son site internet (fr.tp9.net) comme "la personne la plus importante de sa vie", Parker n'a pas laissé transparaître ses sentiments sur le terrain, recevant l'ovation des supporteurs des Spurs à sa sortie du parquet.
Ce coup de canif dans la vie rêvée que semblait entretenir la star ne devrait cependant pas influer sur ses performances actuelles. D'autant plus que le joueur, porté par un été consacré au repos et au travail physique, ainsi que par un nouveau contrat de 50 millions dollars (plus de 36 millions d'euros) sur quatre ans, est en pleine forme en ce début de saison où les Spurs ont enregistré 9 victoires en 10 matches.
Deuxième meilleur marqueur de son équipe, Parker, 28 ans, "tourne" à 18,6 pts et 7,6 passes par match, des statistiques supérieures à ses moyennes en carrière.
Surtout, après deux années en demi-teinte sur le plan collectif, Parker a soif de titres. "Quand je regarde l'équipe, je me dis que la saison peut être très, très belle", souligne le meneur, couronné trois fois en NBA (2003, 2005, 2007).
Ambition
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Cette ambition à toute épreuve a façonné le personnage. Fils d'un basketteur américain, Tony Parker senior, et d'un ancien mannequin néerlandais, Pamela Firestone, le jeune Tony a déjà fait front face au divorce de ses parents, jouant rapidement le chef de "clan" auprès de ses frères cadets, Pierre et Terence.
"À 13-14 ans, il disait déjà qu'il voulait être MVP (meilleur joueur) des finales NBA (championnat nord-américain de basket-ball)", souligne son ami, le joueur des Knicks de New York, le Français Ronny Turiaf. Avant d'obtenir ce statut, en 2007, l'ancien Parisien, alors âgé de 19 ans, se présente à la draft en 2001. Il est alors choisi en 28e position, par les Spurs, son club de coeur.
Talentueux et travailleur, le joueur s'impose dans le cinq majeur après seulement... cinq matches, et devient le plus jeune meneur titulaire de l'histoire de la NBA.
Ambitieux, il l'est également hors des parquets. À la tête d'un joli pactole financier, il en a investi une partie dans le club de Villeurbanne (Pro A de basket-ball) dont il est vice-président.
Quelques contrats publicitaires et un disque de hip-hop, dont le titre-phare "Balance-toi" a un temps atteint la première place des ventes, ont parachevé sa stature de PDG.
Parker s'est également affirmé comme un élément-clé de l'équipe de France, où aucune décision ne semble pouvoir se prendre sans lui. Jusqu'à mercredi et son licenciement, le sélectionneur national Vincent Collet n'était-il pas aussi son employé, comme entraîneur de Villeurbanne ?
Handicapé par des blessures à répétition - cheville, genou, épaule, hanche, main et pied la saison dernière - le joueur a travaillé "comme jamais" cet été pour revenir.
Si son mariage, célébré symboliquement le 7/7/2007, n'a pas été aussi heureux que souhaité, Parker trouvera donc sans doute réconfort dans son club pour leur 10e saison de vie commune: entre ces deux parties, la fidélité mutuelle paraît inaltérable.

