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Moyen Orient et Monde - Reportage

L’itinéraire mortel d’un jihadiste d’el-Qaëda

Les autorités jordaniennes ont interdit à la famille Sharbi de recevoir des condoléances publiques après le « martyre » de Youssef, 28 ans, en Irak.
Depuis le 29 juillet, Anouar Youssef Abou Sharbi vivait dans l'incertitude au sujet de son fils, un informaticien jordanien. Sa belle-fille de 25 ans avait alors reçu un SMS anonyme lui annonçant la mort de Youssef Abou Sharbi, alias Abou al-Hareth (28 ans), en Irak. « Le message parlait de son martyre ainsi que de celui de ses camarades, sans détails. Nous ne savions pas comment il était mort ni où, nous n'étions pas totalement sûrs », a expliqué le père à l'AFP. Le correspondant exigeait que le SMS soit effacé immédiatement après avoir été lu, a-t-il ajouté. Le même jour, raconte le père, des agents des services secrets jordaniens se sont présentés chez lui et ont exigé qu'il leur remette le « testament » de Youssef. Ils lui ont interdit de recevoir des condoléances publiques, affirme-t-il.
Jeudi, les doutes du père ont été levés quand el-Qaëda a annoncé le « martyre » en Irak de son fils Youssef, ainsi que celui de trois autres Jordaniens : Abdel Karim Taha Samarra, alias Abou Abdel Rahmane, Alaa Ibrahim Ahmad Mohammad, alias Abou Mohammad, et Moussa Khoder Moussa Ramadan, alias Abou Hamzeh. « Nous sommes heureux d'annoncer à la nation musulmane la mort de quatre moujahidine de l'État islamique d'Irak originaires de Jordanie. Ils ont été tués lors d'une bataille féroce avec les Américains et ont eux-mêmes tué un certain nombre de croisés dont personne (...) ne connaît le nombre exact », indique le communiqué posté sur le site Honein.
Aucune confirmation n'a pu être obtenue dans l'immédiat par l'armée américaine. Selon le site indépendant icasualties.org, le seul soldat américain mort au combat en juillet est le lieutenant Michael Runyan, 24 ans, tué le 21, dans une attaque à la bombe suivie de tirs d'armes automatiques à Mouqdadiya, à 90 km au nord-est de Bagdad.
Youssef, marié et père d'un garçon de deux ans, avait été condamné à Amman en 2008 à deux ans et quatre mois de prison pour tentative d'infiltration en Irak. À peine libéré, il a pourtant réussi, en avril 2010, à se rendre en Irak avec Moussa Ramadan, selon son père. Dans son testament, rédigé sur deux pages, « il me disait qu'on se retrouverait au paradis, me demandait de craindre Dieu, d'assurer une éducation religieuse à son frère et ses deux sœurs et d'interdire la télévision à la maison », se souvient-il. « Lorsque Youssef était convoqué par les services jordaniens, il ne nous disait pas pourquoi. Mais je sais que mon fils était affilié à el-Qaëda », affirme Anouar. Il se rappelle aussi que son fils avait été interpellé par la police après s'être rendu en 2006 au domicile de la famille d'Abou Moussab al-Zarqaoui à Zarka (23 km au nord d'Amman) pour présenter ses condoléances. Abou Moussab al-Zarqaoui, fondateur d'el-Qaëda en Irak, a été tué lors d'un raid aérien en Irak le 7 juin 2006.
Youssef a terminé en 2006 des études de programmation informatique à l'université d'al-Beit à Mafrak (nord-est de la Jordanie). « C'est là qu'il a commencé à devenir pieux et je suis persuadé qu'il a rencontré des gens qui l'ont influencé », affirme le père de Youssef.
Youssef a travaillé à Zarqa dans le magasin de matériel informatique d'Abou Hamzeh. Ce dernier, tué avec lui en Irak, avait été arrêté en septembre 2005 en Syrie. Ce pays l'a remis aux autorités jordaniennes. Abou Hamzeh a été condamné en 2006 pour avoir planifié des actes terroristes contre des soldats américains en Jordanie. Il avait été condamné à 36 mois de prison et libéré en 2009.
« Que faire ? Il semble qu'il voulait mourir en martyr. C'est fait », se résigne aujourd'hui son père.
Depuis le 29 juillet, Anouar Youssef Abou Sharbi vivait dans l'incertitude au sujet de son fils, un informaticien jordanien. Sa belle-fille de 25 ans avait alors reçu un SMS anonyme lui annonçant la mort de Youssef Abou Sharbi, alias Abou al-Hareth (28 ans), en Irak. « Le message parlait de son martyre ainsi que de celui de ses camarades, sans détails. Nous ne savions pas comment il était mort ni où, nous n'étions pas totalement sûrs », a expliqué le père à l'AFP. Le correspondant exigeait que le SMS soit effacé immédiatement après avoir été lu, a-t-il ajouté. Le même jour, raconte le père, des agents des services secrets jordaniens se sont présentés chez lui et ont exigé...
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