L’équipe de France de Laurent Blanc commence à prendre ses marques et le « noyau » recherché se dégage au fil des matches. Franck Fife/AFP
Blanc, maître tacticien
Après ses deux premiers ratés (défaites face à la Norvège et le Belarus), Blanc a réussi un sans-faute sur le plan tactique et prouvé qu'il avait une réelle faculté d'adaptation au style de l'adversaire, ce qui avait cruellement manqué à Raymond Domenech. Son 4-3-3 audacieux en Bosnie (2-0) avec trois milieux défensifs de métier (A. Diarra, Mvila, Diaby) a fait merveille. Il a ensuite démontré son sens du coaching avec les entrées gagnantes de Rémy et de Gourcuff face à la Roumanie (2-0) avant d'opter pour un 4-4-2 et une paire Hoarau-Benzema en attaque pour venir à bout du Luxembourg (2-0). Résultat : la France est déjà en tête de son groupe pour l'Euro 2012. Le coup d'éclat de Wembley (un 4-3-3 avec Nasri et Gourcuff à la manœuvre) et la victoire en amical face à l'Angleterre (2-1) n'ont fait que confirmer l'expertise de Blanc.
Le jeu et la technique au premier plan
Là aussi la rupture est manifeste avec l'ère Domenech. Alors qu'il ne jurait que par la notion de bloc et la solidité défensive, Blanc a dès son arrivée annoncé la couleur : le Barça est sa référence ultime et il souhaite voir son équipe prendre le jeu à son compte. Les titularisations à Londres de deux meneurs de jeu (Gourcuff, Nasri) sont symptomatiques de privilégier la justesse technique au détriment du physique.
Des bannis relancés
Blanc a relancé des éléments mis à l'écart par Domenech. Benzema, meilleur buteur des Bleus depuis l'arrivée de Laurent Blanc (3 buts en 5 matches), s'est racheté une conduite pour devenir l'attaquant de référence de la nouvelle équipe de France.
Nasri, l'autre fleuron de la génération 1987 et considéré comme l'un des perturbateurs du groupe durant l'Euro 2008, en avait payé le prix fort en n'étant pas retenu pour le Mondial. Le joueur d'Arsenal, excellent mercredi à Wembley, semble renaître en sélection et a sans doute signé un long bail avec les Bleus.
Le rappel d'Abidal devrait logiquement être suivi par celui tant attendu de Ribéry, de nouveau sélectionnable à partir du France-Brésil du 9 février après avoir purgé 3 matches de suspension et avoir été longtemps absent pour blessure.
Une gestion apaisée et rationnelle
Les provocations de Domenech sont de l'histoire ancienne et Blanc a réussi à pacifier le climat autour des Bleus.
Au niveau de la gestion du groupe, Blanc a très vite cerné et identifié ses hommes de base (A. Diarra, Lloris, la charnière Mexès-Rami, Nasri, Gourcuff, Benzema), d'où une stabilité (31 joueurs convoqués lors des cinq derniers matches) qui tranche avec les choix de joueurs parfois farfelus de Domenech.

