À Port-au-Prince, une guérilla urbaine affronte les Casques bleus
OLJ /
le 19 novembre 2010 à 00h20
Plusieurs centaines de jeunes ont pris pour cible hier les soldats de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) dans le centre de la capitale haïtienne Port-au-Prince, lors d'une manifestation suscitée par l'épidémie de choléra. Une ambiance de guérilla urbaine régnait aux abords du Champ de Mars, tout près du palais présidentiel : des coups de feu étaient entendus, sans que l'on puisse dire d'où ils provenaient, tandis que des gaz lacrymogènes rendaient l'air irrespirable. Des pneus en feu et des bennes à ordures bloquaient plusieurs carrefours de la capitale, où les Casques bleus n'avaient jusqu'à présent jamais été pris pour cible depuis le tremblement de terre de janvier. « Le choléra, c'est la Minustah qui nous a donné ça » ou « Minustah allez-vous-en », criaient en créole les manifestants rassemblés tout près d'un vaste camp de réfugiés du séisme, qui a fait plus de 250 000 morts. « La Minustah répand des excréments dans la rue », pouvait-on lire sur une pancarte, alors que des rumeurs démenties par l'ONU accusent des Casques bleus népalais d'avoir apporté le choléra dans l'île. L'épidémie de choléra, qui sévit depuis la mi-octobre dans le pays, le plus pauvre du continent américain, a déjà fait 1 110 morts et touché quelque 18 000 personnes. La maladie a franchi cette semaine les frontières, avec un cas en République dominicaine et un autre en Floride (sud-est des États-Unis). Mercredi, un homme a été tué par balles et plusieurs personnes ont été blessées, après des heurts également entre Casques bleus et manifestants au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays située à quelque 300 km au nord de la capitale, selon une source policière. En début de semaine, des heurts avaient déjà fait deux morts et 14 blessés dans la même ville, ainsi que six blessés parmi les soldats de l'ONU à Hinche (centre).
Plusieurs centaines de jeunes ont pris pour cible hier les soldats de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) dans le centre de la capitale haïtienne Port-au-Prince, lors d'une manifestation suscitée par l'épidémie de choléra. Une ambiance de guérilla urbaine régnait aux abords du Champ de Mars, tout près du palais présidentiel : des coups de feu étaient entendus, sans que l'on puisse dire d'où ils provenaient, tandis que des gaz lacrymogènes rendaient l'air irrespirable. Des pneus en feu et des bennes à ordures bloquaient plusieurs carrefours de la capitale, où les Casques bleus n'avaient jusqu'à présent jamais été pris pour cible depuis le tremblement de terre de...
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