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Culture - Pantomime

Jeux de mains, jeux de mime

Il est étonnant, Fayek Homayssi, mime de son état, dans « All That Mime », un spectacle qui parle de la mort dans un emballage délirant, poétique et...drôle.

Fayek Homayssi: le geste à fleur de... doigts.

«Des hallucinations qui nous prennent au moment de traverser le mur. Des rêves de morts, de morts-vivants et de vivants.» Telles seraient les pierres angulaires de ce spectacle qui signe le retour de Fayek Homayssi sur la scène après une absence qui aura duré plus d'une douzaine d'années.
Comme dans All That Jazz, duquel ce spectacle s'inspire, notre héros est passé par une crise cardiaque. L'ange de la mort, tout de noir vêtu, l'amène sur scène sur une chaise roulante. Et l'exhorte à regarder un écran où défilent des images de terreur, de guerres, de massacres, de Hiroshima au 11-Septembre, en passant par les prisonniers d'Abou Ghraib et les explosions de voitures piégées à Beyrouth.
Homayssi semble ici aussi avoir ressenti le besoin de représenter sa peur de la faucheuse. Mais pas celle qui vous prend paisiblement dans votre sommeil. Non. L'autre, l'injuste, l'aveugle, qui déchiquette le corps et le mutile. Qui coupe les mains. Et les laisse pour oubliées, dans un no man's land entre la mort et le purgatoire. Ce sont ces mains-là qui racontent leur histoire dans All That Mime. Des mains qui jouent à la perfection, plus éloquente que cent discours inutiles...
En contrepoint avec la gravité du sujet traité, Homayssi a préféré une forme comique à un drame sentimental. Et il n'y va pas de main morte !
Il s'est donc entouré d'une belle brochette d'acteurs aussi expérimentés que lui dans l'art du parler silencieux. Il y a là Aïda Sabra (performance musclée à applaudir), Zaki Mahfoud, Jamal Krayem, Hussein Nakhal et Sany Abdel Baki.
Le spectacle s'articule autour de deux volets, de deux techniques : l'une proche de la pantomime classique, l'autre très apparentée aux marionnettes. Ici, c'est le corps de l'interprète et lui seul qui non seulement exprime les actions, les rêves et les émotions du personnage, mais fait aussi surgir par l'imagination le décor et les accessoires.
Et, cependant, quelque chose coince. Le sens de certains mouvements reste incertain. L'absence d'une note d'intention accompagnant la fiche technique nous laisse dans le flou. Comme l'est ce personnage principal qui évolue dans un univers «borderline », entre le monde des vivants et celui des morts, ou plus précisément celui du «limbo ».
Une rhapsodie à douze mains, un hommage à « Jacques Prévert, Samuel Beckett, Georges Schéhadé, Assi el-Rahbani, Issam Mahfoud, Farouk Saad, Bob Fosse, Nazih Khater, Mohammad Dakroub, Hussein Mroueh et Achaab et Mimass el-Arab ».


* Ce soir et demain, au Théâtre de Beyrouth, Aïn el-Mraysseh, 20h30. Tél.: 01/363328.
«Des hallucinations qui nous prennent au moment de traverser le mur. Des rêves de morts, de morts-vivants et de vivants.» Telles seraient les pierres angulaires de ce spectacle qui signe le retour de Fayek Homayssi sur la scène après une absence qui aura duré plus d'une douzaine d'années. Comme dans All That Jazz, duquel ce spectacle s'inspire, notre héros est passé par une crise cardiaque. L'ange de la mort, tout de noir vêtu, l'amène sur scène sur une chaise roulante. Et l'exhorte à regarder un écran où défilent des images de terreur, de guerres, de massacres, de Hiroshima au 11-Septembre, en passant par les prisonniers d'Abou Ghraib et les explosions de voitures piégées à Beyrouth. Homayssi semble ici aussi...
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