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Culture - Exposition

Laudi Abillama déroule le fil

C'est un travail « étoffé » qu'offre à voir la jeune artiste Laudi Abillama à la galerie Art Circle* jusqu'au 25 novembre. De la sérigraphie sur tissus qui, tout en étant esthétique et ludique, est une sorte de miroir de la société du Moyen-Orient.

Sérigraphie sur tissus à impressions royales.

C'est autour du sujet «Tip of thread» ou «Bout du fil» que Laudi Abillama a tissé son travail. Des tissus et des étoffes qui racontent des histoires, tout en faisant allusion aux apparences parfois trompeuses, car qui sait exactement ce qu'il y a au bout de ce fil?
Née en 1986 à Surrey, en Angleterre, la jeune Laudi Abillama poursuit ses études au Royaume-Uni (baccalauréat en arts et médias et University College of Creative arts) avant de retourner au Liban à l'âge de vingt ans et s'immerger dans l'art contemporain de la région. Sur fond de toiles damascènes (les draps à motifs si connus de Syrie), elle commence par reproduire toutes ces figures iconiques du monde politique arabe par la technique de la sérigraphie. L'artiste voyage beaucoup et expose aussi bien à Londres que dans les pays arabes.
Dans cette dernière exposition, Laudi Abillama reprend la même technique, mais en l'intégrant à des textiles parsemés de motifs qu'elle aura auparavant créés et même coloriés. «Les tapisseries et étoffes, dit-elle, sont des éléments essentiels du patrimoine oriental, mais ils ne reflètent ni expriment la culture qu'ils représentent.»

Langage textile...
En composant donc elle-même cette gamme de dessins et en les imprimant sur étoffes, l'artiste aura suggéré quelques grands thèmes inhérents à la société moderne, mais plus particulièrement celle du Moyen-Orient. «Dans cette partie du globe, on ne peut facilement exprimer son avis. Certains sujets sont tabous. C'est alors que j'ai tenté par ce travail de "confection" de dire tout haut ce que je pense tout bas.»
Inspirés de l'époque des Tudors, les dessins ornent des textiles lisses ou capitonnés. «Je suis très influencée par cette période de l'histoire et j'ai voulu, à partir d'une cotonnade commune, donner à mon travail une impression royale», précise Abillama.
Si, de loin, ce ne sont donc que des motifs ornementaux, à regarder de près on pourrait apercevoir le visage d'une grande mondaine libanaise encadrée par des caméras, des figures de poissons ou encore des seringues en médaillon, allusion au collagène injecté par les femmes ou encore des figures politiques avec des mini-tanks à côté.
Un travail qui n'est en apparence qu'impression sur tissu, mais qui aborde, à travers les impressions de Laudi Abillama, les réalités d'une société.

* Art Circle (Hamra) jusqu'au 25 novembre. Ouverte du mardi au vendredi, de 11h00 à 19h00, et les samedis, de 11h00 à 15h00.
C'est autour du sujet «Tip of thread» ou «Bout du fil» que Laudi Abillama a tissé son travail. Des tissus et des étoffes qui racontent des histoires, tout en faisant allusion aux apparences parfois trompeuses, car qui sait exactement ce qu'il y a au bout de ce fil?Née en 1986 à Surrey, en Angleterre, la jeune Laudi Abillama poursuit ses études au Royaume-Uni (baccalauréat en arts et médias et University College of Creative arts) avant de retourner au Liban à l'âge de vingt ans et s'immerger dans l'art contemporain de la région. Sur fond de toiles damascènes (les draps à motifs si connus de Syrie), elle commence par reproduire toutes ces figures iconiques du monde politique arabe par la technique de la sérigraphie. L'artiste...
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