"La préoccupation du gouvernement français n'est pas de faire venir tous les chrétiens d'Orient et tous les chrétiens d'Irak", a expliqué M. Besson lors d'une visite aux réfugiés irakiens arrivés en France lundi et hébergées dans un centre d'accueil temporaire de Créteil (près de Paris), géré par l'association France Terre d'Asile.
"L'objectif de la France est la protection renforcée des chrétiens d'Irak et d'Orient dans leur pays pour préserver des sociétés qui sont depuis des siècles des sociétés multiconfessionnelles. L'Orient doit continuer d'abriter des confessions différentes", a poursuivi M. Besson qui a répété que tous les réfugiés arrivés lundi obtiendraient l'asile politique s'ils en faisaient la demande.
Le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a appelé mardi sans la nommer la France à ne pas favoriser l'émigration des chrétiens, après l'évacuation vers ce pays de 35 Irakiens blessés - dont 34 chrétiens et un garde du corps musulman- dans l'attaque contre l'église de Bagdad, qui a fait 46 morts.
"Les pays qui ont accueilli des victimes de cette attaque à l'étranger ont adopté une position noble, mais il ne faut pas que cela favorise l'émigration", avait dit le dirigeant irakien en visitant la cathédrale syriaque catholique Notre-Dame du Perpétuel secours, dans le centre de Bagdad, prise d'assaut en pleine messe le 31 octobre par un commando d'Al-Qaïda.
Après cette attaque, M. Besson avait demandé à ses services d'accueillir 150 personnes supplémentaires. Un second groupe de 93 Irakiens doit être évacué prochainement.
Les 35 blessés arrivés en France lundi ont été évacués vers des hôpitaux parisiens tandis que les 19 personnes qui les accompagnaient ont été hébergés par France Terre d'Asile.
Une nouvelle série d'attaques a entre temps visé la communauté chrétienne de Bagdad, faisant six morts et 33 blessés.

