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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Rabat disperse un camp de contestataires au Sahara occidental : trois morts

Le Front Polisario et le Maroc ont entamé, sous l'égide de l'ONU, une nouvelle session de négociations sur le statut de la région disputée.
Les forces marocaines ont dispersé hier des milliers de protestataires sahraouis installés dans un camp de toile près de Lâayoune, chef-lieu du Sahara occidental sous contrôle marocain. S'exprimant devant le Parlement, le ministre de l'Intérieur marocain, Taieb Cherkaoui, a confirmé la mort de trois membres des forces de l'ordre, « dont un pompier », a-t-il précisé. Il a assuré que l'intervention contre le camp de toile avait été « pacifique » et a ajouté que l'assaut près de Lâayoune, à 1 200 km au sud-ouest de Rabat, avait fait plus de 60 blessés parmi les forces de l'ordre. Il a également assuré que seuls quatre « civils » avaient été atteints. Le Front Polisario, organisation qui lutte pour l'indépendance de cette région, a toutefois fait état à l'AFP de la mort d'un jeune Sahraoui, Babi Mahmoud el-Guerguar, âgé de 26 ans, et de « centaines » de blessés. Il a également accusé les militaires marocains d'avoir tiré « à balles réelles ».
« Vers 06h15 (GMT), des hélicoptères ont survolé le campement, a assuré un témoin joint par l'AFP. Ils ont appelé les femmes et les enfants à quitter le campement en précisant que des autocars sont mis à leur disposition. » Les forces de l'ordre ont ensuite donné l'assaut en utilisant des canons à eau, et de violents incidents se sont produits dans la ville même, selon une source officielle à Lâayoune.
Selon le ministre des Affaires étrangères sahraoui, Mohammad Salem Ould Salek, ce camp de tentes, baptisé Gdim Izik, abritait 28 000 personnes, alors que des ONG sur place estiment qu'il abritait au moins 12 000 habitants. Il avait été dressé le 19 octobre par des habitants de cette région pour protester contre « la détérioration » de leurs conditions de vie. La préfecture de Lâayoune a assuré que le « campement a été entièrement démantelé et il n'existe plus aucune tente » sur le site. Selon un témoin, « le camp est pratiquement dispersé. Les jeunes qui avaient refusé de le quitter ont été dispersés par la force ».
C'est dans ce contexte que, près de New York, le Front Polisario et le Maroc ont entamé hier sous l'égide de l'ONU une nouvelle session de négociations sur le statut de cette région disputée, aux confins du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie. Un porte-parole de l'ONU a regretté dans un communiqué que cette « opération » ait affecté « l'atmopshère dans laquelle ces discussions se tiennent ». Il a appelé « les parties impliquées à exercer la plus grande retenue ». Le représentant du Front Polisario à l'ONU, Ahmad Boujari, a estimé peu avant le début des discussions d'hier que les heurts étaient un acte « délibéré du Maroc » visant à saborder les négociations. « J'espère que le Conseil de sécurité de l'ONU se saisira de cette affaire », a ajouté M. Boujari. De son côté, la militante sahraouie des droits de l'homme Aminatou Haïdar a mis en garde contre les risques d'une guerre civile. Elle a en outre renouvelé les accusations du Front Polisario à l'encontre de la France, l'accusant de soutenir l'occupation marocaine et de « bloquer le processus de paix ». La ministre des Affaires étrangères espagnole, Trinidad Jimenez, a appelé « à la retenue et au calme », depuis la Bolivie où elle est en visite. Elle a souligné la nécessité de reprendre le dialogue « pour éviter que le conflit ne dégénère ».

Les forces marocaines ont dispersé hier des milliers de protestataires sahraouis installés dans un camp de toile près de Lâayoune, chef-lieu du Sahara occidental sous contrôle marocain. S'exprimant devant le Parlement, le ministre de l'Intérieur marocain, Taieb Cherkaoui, a confirmé la mort de trois membres des forces de l'ordre, « dont un pompier », a-t-il précisé. Il a assuré que l'intervention contre le camp de toile avait été « pacifique » et a ajouté que l'assaut près de Lâayoune, à 1 200 km au sud-ouest de Rabat, avait fait plus de 60 blessés parmi les forces de l'ordre. Il a également assuré que seuls quatre « civils » avaient...
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