Du bétail surpris par la nouvelle éruption du volcan Merapi, qui sème mort et désolation depuis plus d’une semaine. Clara Prima/AFP
Les nuages de cendres, qui se sont élevés à plus de 10 kilomètres dans le ciel, ont également blanchi hier matin la grande ville de Yogyakarta, à une trentaine de kilomètres. « Ça ressemblait à un paysage de fin du monde. L'air est devenu irrespirable, on ne voyait pas à quelques mètres et on était obligé de rouler pleins phares », a témoigné Élisabeth Inandiak, une écrivaine française installée depuis de nombreuses années dans la région. « Les gens sont à la fois très décontenancés et inquiets, car ils se demandent jusqu'où ça peut aller », a-t-elle ajouté.
De fait, les vulcanologues se refusent à toute prévision alors que le volcan fait preuve, chaque jour, d'une activité plus soutenue que lors de ses précédentes crises éruptives. « À la vue de la quantité de matériaux volcaniques émis, cette éruption est pire que celle de 1930 », qui avait provoqué la mort de 1 400 personnes, a précisé l'un d'eux, Subandrio. C'est pour cela que les autorités ont décidé d'élargir encore la zone interdite d'accès autour du cratère, la portant à 20 km contre 15 auparavant et 10 en début de semaine.
Les écoulements pyroclastiques ont atteint des distances supérieures à 15 km. Ils ont ainsi dévasté le village d'Argomulyo, pourtant éloigné de 18 kilomètres, surprenant les habitants dans leur sommeil. La fuite des habitants et les opérations d'évacuation ont provoqué des « scènes de chaos ». Des motos aux camions, « tous les moyens de transport disponibles ont été utilisés pour emmener les gens à l'abri », selon un responsable des secours, Widi Sutikno. Au total 166 556 personnes ont désormais trouvé refuge dans des écoles, des batiments administratifs ou même le stade de Yogyakarta. Alors que certaines d'entre elles se plaignent d'un manque d'organisation, le président Susilo Bambang Yudhoyono a mobilisé hier un régiment de l'armée de terre pour acheminer l'aide.

