Le président américain Barack Obama a réuni hier ses ministres, à la Maison-Blanche, pour tirer les leçons de la « raclée » de mardi aux législatives de mi-mandat. Joshua Roberts/Reuters
M. Obama a joué l'apaisement hier, deux jours après la cuisante défaite encaissée par ses alliés démocrates aux élections de mi-mandat, qui a vu les républicains arracher le contrôle de la Chambre des représentants et grignoter la majorité au Sénat. La veille, il avait déjà concédé lors d'une conférence de presse que le scrutin était une « raclée » pour lui et son camp, tout en refusant de le qualifier de désaveu de sa politique. Hier, après une réunion avec ses ministres à la Maison-Blanche, il a indiqué qu'il avait « appelé (les chefs des républicains au Congrès) Mitch McConnell et John Boehner (et les chefs démocrates sortants) Harry Reid et Nancy Pelosi, pour les inviter à une réunion (...) le 18 novembre ». Mais de leur côté, les républicains ne semblaient pas encore fixés sur cette date.
Soulignant que les autres pays continuaient à progresser et à disputer des parts de marché aux États-Unis, M. Obama a mis en garde contre tout immobilisme au sommet de l'État, entre la Maison-Blanche et le Congrès. « Nous ne pouvons pas nous permettre de passer deux ans à nous chamailler, et il faut que nous fassions en sorte que tout le monde se mette au travail, démocrates comme républicains », a plaidé le président. « Les électeurs ont fait savoir qu'ils voulaient que nous nous concentrions sur l'économie et l'emploi », a ajouté M. Obama, tirant les leçons du scrutin. Le président a aussi affirmé que son administration et lui-même devaient « prendre ce message à cœur, et faire des efforts sincères et constants pour essayer de changer la façon dont Washington fonctionne. »
Mais de leur côté, les conservateurs semblent peu disposés à lâcher du lest. Le chef de la minorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a indiqué récemment que l'objectif des républicains devait être d'empêcher M. Obama de remporter un deuxième mandat en 2012. Son parti « peut et doit proposer et voter une abrogation pure et simple de la loi sur la couverture maladie », a-t-il par ailleurs assuré dans un discours prononcé hier. Le président est opposé à une abrogation mais se dit prêt à des aménagements. « La Maison-Blanche a le choix : changer de trajectoire ou persister dans une vision de l'État que les Américains ont rejetée », a dit M. McConnell.
De son côté John Boehner, chef de la minorité républicaine à la Chambre dont il devrait devenir président, a publié hier un document de 44 pages intitulé « Les piliers de la nouvelle majorité » qui rappelle les grandes lignes du programme républicain, sous forme de recueil de ses discours de campagne. Le document renvoie à la « Promesse pour l'Amérique », le programme de campagne des républicains dont les principaux points sont moins de « taxes tueuses d'emploi », moins de réglementations étatiques, l'abrogation de la loi sur la couverture maladie, une diminution des dépenses de l'État fédéral et la réforme du Congrès. Dans une lettre à ses collègues républicains hier, M. Boehner réaffirme sa ligne directrice : « La frénésie de dépenses à Washington doit cesser et le Congrès doit changer. » « Pour réorienter notre pays vers la prospérité et rétablir le rêve américain pour nos enfants, il nous faut un gouvernement réduit, plus responsabilisé, qui respecte la Constitution et la volonté du peuple », ajoute-t-il.

