L’île de Kunashir (Kunashiri en japonais), l’une des quatre îles des Kouriles du Sud – appelées Territoires du Nord au Japon – annexées par les Soviétiques le 18 août 1945, trois jours après la capitulation nipponne, mais revendiquées par Tokyo. Ce différend empêche depuis 65 ans la signature d’un traité de paix entre la Russie et le Japon. Photo Reuters
La Russie a réagi en deux temps, indiquant d'abord ne pas avoir l'intention de rappeler son ambassadeur à Tokyo à moins que le rappel du chef de la représentation diplomatique japonaise ne se prolonge indéfiniment, puis ajoutant que M. Medvedev envisageait d'autres voyages aux Kouriles. Le président russe « va visiter d'autres îles qui font partie de ce groupe d'îles », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'exprimant au cours d'une visite à Oslo. Quelques minutes plus tôt, le conseiller du Kremlin, Vladimir Chevtchenko, avait indiqué à la radio Écho de Moscou que « rappeler maintenant notre ambassadeur pour consultation n'est pas justifié » tant qu'il n'y a pas de rupture prolongée des « liens au niveau des ambassadeurs ».
Le Premier ministre nippon, Naoto Kan, avait qualifié de « très regrettable » la visite de M. Medvedev. Le ministère japonais des Affaires étrangères avait dans la foulée convoqué l'ambassadeur de Russie, provoquant une démarche équivalente à Moscou. Sergueï Lavrov avait ensuite qualifié « d'inacceptable » la réaction japonaise, soulignant que l'archipel était « une terre russe ». Malgré cet accès de tension, les gouvernements russe et japonais semblent souhaiter une rencontre entre le Premier ministre Kan et le président Medvedev mi-novembre au Japon. Le principal conseiller diplomatique du Kremlin, Sergueï Prikhodko, a ainsi estimé que « rien n'empêchait » une telle rencontre en marge du sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) prévu mi-novembre près de Tokyo. « Je pense que la rencontre bilatérale aura lieu » à cette occasion, a aussi déclaré le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshito Sengoku. Les deux parties ont cependant souligné que la décision n'avait pas encore été prise.
Le différend sur les quatre îles des Kouriles annexées par les Soviétiques le 18 août 1945, trois jours après la capitulation japonaise, empêche depuis 65 ans la signature d'un traité de paix entre la Russie et le Japon. La controverse avec Moscou survient au plus mauvais moment pour le gouvernement japonais, déjà englué depuis septembre dans une grave crise diplomatique avec Pékin au sujet d'un autre groupe d'îles situées dans la mer de Chine orientale. « La partie russe a tiré avantage de la confusion dans laquelle se trouve la diplomatie japonaise pour marquer un point face aux exigences de Tokyo de restitution des quatre îles », a relevé hier le quotidien japonais Yomiuri Shimbun.

