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Liban - Social

Le Conseil supérieur de l’enfance, entre réalisations et obstacles

L'amélioration des conditions de vie des enfants est une affaire de société par excellence, ce qui explique pourquoi le Conseil supérieur de l'enfance a été rattaché au ministère des Affaires sociales. Mais alors, pourquoi cet organe de coordination trouve-t-il si souvent difficile d'accomplir sa mission ?

Les enfants des rues font l’objet d’un programme du Conseil supérieur. Photo Michel Sayegh

Nous savons tous qu'il existe au Liban un Conseil supérieur de l'enfance, mais sommes-nous bien informés de son rôle exact ? Son secrétaire général, Élie Mikhaël, explique qu'il s'agit « d'un organe de coordination par excellence ». Formé de neuf représentants de ministères concernés et de neuf autres de la société civile, présidé par le ministre des Affaires sociales, cet organe assure non seulement la coordination entre ces ministères pour une action plus efficace, mais également entre le gouvernement et les organisations internationales concernées par l'enfance.
Fondé en 1994, ce conseil a réussi au fil des années à développer des programmes qui répondent à des priorités nationales sur les sujets relatifs à l'enfance, comme l'affirme M. Mikhaël. « Ces programmes ont été approuvés par le Comité international des Nations unies pour le droit de l'enfance, à Genève, ajoute-t-il. C'est une reconnaissance importante. Nous avons de plus mis au point un dispositif participatif qui assure le lien avec les ministères, mais aussi avec les universités, les ONG, les syndicats et les agences onusiennes. »
Géré par un groupe pluridisciplinaire spécialisé, le Conseil supérieur de l'enfance se doit de proposer et d'élaborer des stratégies nationales et des plans d'action qui répondent aux recommandations de la Convention des droits de l'enfant. Ses projets visent à assurer le droit des enfants à la survie, au développement personnel et à la protection. C'est lui qui est responsable de faire connaître et d'introduire les principes de la Convention des droits de l'enfant dans l'éducation ou les médias. Ses programmes pédagogiques sont à caractère social, culturel, sanitaire ou encore médiatique.
Un autre domaine où le conseil peut intervenir est celui des lois. Ainsi, non seulement doit-il s'assurer de l'application des lois sur le terrain, mais il peut aussi élaborer et proposer des projets de loi, des amendements de textes existants ou encore l'amélioration de lois en vigueur. Pour ce faire, il coordonne avec la Commission parlementaire des droits de l'enfant.
Sur un plan plus pratique, le conseil organise des sessions de formation pour les personnes qui sont en contact avec les enfants dans leur vie professionnelle. Il construit aussi depuis des années une base de données sur l'enfance, dans son Centre d'information, de recherche et de documentation, mis en place avec l'aide de l'Unicef. Avec cette agence internationale, le conseil a également lancé des projets pour améliorer la qualité des services mis à la disposition de la petite enfance (0-8 ans), lutter contre le travail des enfants et venir en aide aux enfants à risques.

Coordination entravée
L'énumération des missions et des réalisations de ce conseil ne suffit pourtant pas à rendre le tableau idyllique. « La coordination dans les affaires relatives à l'enfance reste insuffisante au niveau national, l'importance du rôle du conseil et sa liste de priorités nationales sont souvent ignorées par les différents acteurs », déplore Élie Mikhaël.
Pourquoi ce manque de coordination alors que celle-ci est justement du ressort du conseil ? M. Mikhaël, en poste depuis 2002, rappelle qu'il fut un temps où les circonstances politiques difficiles que traversait le pays n'étaient pas favorables à un développement du travail de cet organisme. « Nous n'avons pas chômé pour autant, dit-il. Durant des années, nous avons travaillé sur des programmes de formation et de sensibilisation des ONG. Nous avons constitué une base de données très complète. Mais nous sommes prêts aujourd'hui, si une décision politique est prise, d'aller beaucoup plus loin. D'autant plus que l'actuel ministre et président du Conseil supérieur de l'enfance, Salim Sayegh, est très soucieux d'aller de l'avant dans la résolution des problèmes et a une vision claire sur ces sujets. »
Les obstacles sont cependant loin d'être aplanis, selon lui. « Je cite pour exemple un récent congrès organisé par l'Unicef en coopération avec le ministère de l'Intérieur sur les villes amies de l'enfance, poursuit M. Mikhaël. Ce thème a été développé par nous dans un des programmes conçus avec l'Unicef. Or nous avons été conviés à la dernière minute, et nous avons par conséquent renoncé à y participer de manière très active. Nous savons que l'Unicef est soucieuse de maintenir des relations bilatérales avec les différents ministères, mais pourquoi marginaliser, même si ce n'est pas intentionnel, une structure existante ? C'est un exemple parmi d'autres. »
La coordination fait défaut aussi au niveau du gouvernement, souligne-t-il. « Sans coordination, sans complémentarité des approches, nous serons handicapés dans nos efforts pour protéger l'enfance, dit-il. Puisque cette structure existe et qu'elle est appréciée au niveau international, il faut qu'elle puisse jouer son rôle. D'autant plus que la cause de l'enfance est un élément fédérateur. »
Le secrétaire général révèle que le ministre Sayegh compte envoyer une lettre aux bailleurs de fonds pour leur expliquer les priorités nationales en matière de protection de l'enfance. « Un autre problème est celui des dons substantiels mis à la disposition de certaines ONG pour la réalisation de projets à caractère national, dit-il. C'est leur droit, à condition que ces projets s'insèrent dans la liste de nos priorités nationales, adaptée à la situation du pays. D'ailleurs, nous sommes les seuls à disposer d'un réseau de centres sociaux suffisamment développé dans les régions pour mettre en place de tels projets, et ils finissent toujours par demander notre assistance en la matière. »
Concernant l'avenir, Élie Mikhaël précise que le travail se poursuit de manière dynamique. « Nous travaillons depuis trois ans à l'élaboration d'un plan d'action global, ajoute-t-il. Nous sommes également en train de rédiger le prochain rapport national à remettre au Comité international pour le droit de l'enfance. »
Nous savons tous qu'il existe au Liban un Conseil supérieur de l'enfance, mais sommes-nous bien informés de son rôle exact ? Son secrétaire général, Élie Mikhaël, explique qu'il s'agit « d'un organe de coordination par excellence ». Formé de neuf représentants de ministères concernés et de neuf autres de la société civile, présidé par le ministre des Affaires sociales, cet organe assure non seulement la coordination entre ces ministères pour une action plus efficace, mais également entre le gouvernement et les organisations internationales concernées par l'enfance. Fondé en 1994, ce conseil a réussi au fil des années à développer des programmes qui...
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